Energie

La centrale biogaz agricole d’Henniez entre en fonction

Inaugurée jeudi sur le site de l’usine d’embouteillage de Nestlé Waters, à Seigneux (VD), l’installation fournira près de 1000 ménages en électricité. Recyclant marc de café et lisier, elle vise à préserver la qualité de l’eau en impliquant les agriculteurs de la région

Dans le hall de la désormais plus grande installation du genre en Suisse, plusieurs tonnes de marc de café s’amoncellent. Extrait des milliers de capsules Nespresso jetées et récupérées quotidiennement, il constitue un combustible de choix pour la centrale biogaz construite sur le site Nestlé Waters d’Henniez, dans la Broye vaudoise.

Initié en 2009 par Nestlé, le projet a été mené par la société Greenwatt, filiale «verte» du distributeur d’électricité Groupe E, qui a pris en charge la construction de l’installation pour un montant total de 9,5 millions de francs. La conseillère d’Etat vaudoise Jacqueline de Quattro, présente hier à l’inauguration, a salué «une nouvelle page d’Histoire» de l’énergie renouvelable en Suisse.

Electricité pour 1000 ménages

Associant du lisier agricole récupéré auprès de 27 agriculteurs partenaires et un substrat, en l’occurrence du marc de café essentiellement, le procédé permet en 40 jours de fermentation de produire naturellement un biogaz composé à 55% de méthane. Ce sont ainsi 70 tonnes de lisier qui seront traitées quotidiennement. Le biogaz sera ensuite transformé en électricité verte, distribuée par Greenwatt sur le réseau et subventionnée par la confédération, pour une quantité équivalente à la consommation de près de 1000 ménages.

«Le marc de café est constitué de 90% de matière organique, ce qui en fait un substrat très intéressant, relève Jacques Dutoit, chef de projet pour GreenWatt. Une fois l’énergie extraite, on restitue aux agriculteurs partenaires une matière résiduelle non-odorante pour l’épandage. Très concentrée, elle sera plus facilement absorbée par les cultures et donc moins polluante»

L’épandage, une question sensible

L’influence de l’épandage sur la qualité de l’eau d’Henniez est une question sensible pour le groupe Nestlé, plus encore depuis les années 1980, quand une augmentation de la teneur en nitrate avaient été relevée. Depuis, une zone protégée d’une centaine d’hectares, reboisée, a été établie autour de la source. Avec la centrale, Nestlé réaffirme également sa volonté de recours aux énergies renouvelables. Pour l’usine d’embouteillage d’Henniez, la chaleur, produite par le transformateur sous forme de gaz à 130 degrés, servira au chauffage du bâtiment ainsi qu’aux processus industriels.

Conçue par Greenwatt pour être amortie en vingt ans, l’installation repose sur le partenariat d’agriculteurs locaux, dont la contribution a été unanimement saluée hier par les officiels présents. La diminution des surfaces agricoles, et plus encore de celles consacrées à l’élevage, soulève un doute quant à la pérennité de l’approvisionnement en lisier, qui constitue 80% du combustible de la centrale. «On ne peut pas savoir comment la situation va évoluer, admet Jacques Dutoit, chef de projet pour Greenwatt. Il y a un risque dont on est conscient. Aujourd’hui on choisit de le prendre.»

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