Informatique

Les centres de stockage de données suisses s’allient

L’association Vigiswiss a vu le jour cette semaine. Elle regroupe les principaux data centers helvétiques derrière un label pour faire connaître, à l’étranger, les avantages du stockage de données en Suisse

Avec la fin du secret bancaire, la Suisse se repositionne. Elle mise désormais sur le secret bunker, c’est-à-dire la protection des données physiques et numériques stockées dans les fermes de serveurs suisses. C’est pour faire connaître à l’international les avantages du stockage de données en Suisse que l’association Vigiswiss a vu le jour cette semaine. Elle regroupe pour l’heure douze sociétés suisses actives dans l’hébergement de données comme Deltalis, Safe Host ou Abissa.

L’entrepreneuse Laurence Jovignot-Halifi préside le comité stratégique de Vigiswiss au côté de René Fell, fondateur de Vigiswiss. «Avec l’association, nous voulons fédérer les meilleures sociétés suisses qui gravitent autour du stockage et la protection des données pour défendre ensemble le coffre-fort numérique suisse à l’international. L’offre s’adresse aussi bien aux gouvernements qu’aux entreprises ou aux organisations internationales pour conserver et protéger leurs données précieuses et confidentielles.»

Une charte de qualité

L’association a rédigé une charte. Les membres signataires s’engagent à garantir «un haut niveau de sécurité», et à ne pas héberger des données illégales. En cas de problème, les data centers certifiés doivent pouvoir fournir une solution en moins de 24 heures à leurs clients. «Avec ce label, on garantit aux clients internationaux le plus haut niveau de sécurité pour leurs données, ajoute Laurence Jovignot-Halifi.» Les membres seront régulièrement audités par un organisme indépendant.

En 2013, le Data Centre Risk Index plaçait la Suisse au 11e rang mondial des pays les plus attractifs pour y implanter des centres de données. Plusieurs facteurs expliquent cet attrait. Sur le plan légal, la Suisse jouit d’une réputation en matière de confidentialité et de protection des données. La loi sur la protection des données qui doit être révisée dans le courant de l’année s’applique à tout traitement de données personnelles, qu’elles soient numériques ou non. En d’autres termes, les données stockées légalement dans les centres suisses – sous forme physique (CD) ou numérique – sont en principe inaccessibles. A cela s’ajoute la stabilité politique, la neutralité l’approvisionnement sûr et bon marché en électricité, quasiment sans émissions de CO2.

Soutenir cette nouvelle économie

En Suisse, le site Datacentermap.com répertorie 58 centres de données en colocation. Ce chiffre ne comprend pas les centres de données privés, comme ceux de Swisscom ou d’UBS. Plus de 150 000 m2 de surfaces sont dédiées à l’hébergement informatique, c’est-à-dire plus de 20 terrains de football. Cela représente une expansion de 63% des surfaces suisses de centres de données depuis 2011, selon l’étude de l’Institut für Wirtschaftsstudien à Bâle (IWSB). Au niveau européen, la Suisse se place au 6e rang des pays qui enregistrent la plus grande surface de centres de données.

L’autre mission de VigiSwiss vise donc aussi à «apporter des éclairages aux législateurs sur les enjeux économiques que représentent le stockage, la sécurité et la confidentialité des données en Suisse, ajoute Laurence Jovignot-Halifi. Il est primordial qu’ils assurent les conditions-cadres pour soutenir le développement de cette nouvelle économie.» Si les Etats-Unis et la France se sont respectivement dotés d’un Patriot Act et d’une loi sur le renseignement, la Suisse, elle, refuse encore un contrôle administratif sur les données stockées. Un avantage compétitif que Vigiswiss aimerait beaucoup préserver pour attirer des clients étrangers.

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