Ces derniers temps, la palette de produits financiers à la disposition des investisseurs s'est considérablement élargie. Les produits comme les certificats (ou paniers d'actions) et les fonds de placement bénéficient d'une popularité croissante. Il n'est donc pas étonnant que beaucoup d'entre eux soient déconcertés et aient du mal à effectuer leur choix. Mais beaucoup ignorent aussi ce qui les différencie.

Examinons d'abord les certificats. Ils permettent d'investir simplement dans un indice ou un panier d'actions qui peut être constitué sur la base de critères géographiques, sectoriels ou, même, selon une caractéristique particulière des titres comme le rapport cours/bénéfice. La pondération des différentes actions du panier est fixée librement. Le prix des certificats dépend, en général, de l'évolution des cours de l'indice ou des actions du panier. Ils n'ont pas de valeur nominale. L'investisseur ne touche donc pas de dividende et n'a aucun droit de vote même s'il arrive que l'émetteur distribue une sorte de dividende ou offre un rabais au moment de l'émission.

Les certificats ont plusieurs avantages. Ainsi, ils permettent de diversifier les placements à moindre prix. En effet, la constitution d'un panier comparable par le seul achat des titres qui le composent est, compte tenu des courtages et des taxes, nettement plus coûteux. De plus, il n'y a aucun frais de gestion. Les certificats sont négociés en permanence. Ceci permet d'en vendre ou d'en acheter à tout moment. Souvent, les émetteurs les font aussi coter en Bourse pour améliorer la liquidité et la transparence des prix. Celle-ci est encore augmentée si les actions qui composent le panier et leur pondération sont connues. Dans le cas des fonds de placement, par contre, le prix est moins transparent car le gestionnaire peut à tout moment en modifier la composition. Un autre avantage essentiel des certificats est qu'ils permettent de répondre plus vite à une évolution de la demande. Comme ils peuvent être émis dans des délais très brefs, ils peuvent être adaptés de manière plus rapide aux besoins des investisseurs.

Les risques des certificats

Légalement, les certificats sont des obligations. Contrairement aux fonds de placement, soumis à une loi spécifique, le droit suisse ne règle pas précisément le cas des certificats. Si l'émetteur d'un certificat devient insolvable, pour une raison ou une autre, l'investisseur n'a donc pas de protection particulière. Il faut aussi considérer d'autres facteurs de risque. Le prix du certificat, qui est fonction de l'évolution de ses sous-jacents, en est un. En règle générale, les certificats ne donnent pas lieu à la distribution d'un dividende. Un éventuel recul des cours des actions du panier ne peut donc pas être compensé par ce type de revenu.

Par ailleurs, contrairement aux fonds de placement, les certificats ont une durée de vie déterminée. De plus en plus d'émetteurs en émettent donc à la suite les uns des autres pour permettre aux investisseurs de conserver, après l'échéance de leurs certificats, un investissement identique. De ce fait, les certificats sont aussi des instruments à court terme qui impliquent un risque plus élevé pour l'investisseur.

S'il est intéressé par une perspective à court terme, ils sont idéaux pour faire à moindre coût des placements dans un segment d'investissement défini. Pour ceux qui raisonnent à long terme, les certificats permettent d'augmenter la performance du portefeuille en facilitant, toujours à moindre coût, un investissement à court terme dans un segment particulier.

Avantages et risques des fonds

En Suisse, plus de 140 sociétés de direction de fonds proposent plus de 2000 fonds de placement différents, constitués par les apports des investisseurs, effectués à la suite d'un appel au public, en vue d'un placement collectif. Un fonds de placement est géré par une direction, pour le compte des investisseurs, et en règle générale selon le principe de la répartition des risques. Les fonds ouverts disposent d'un capital variable et peuvent émettre de nouvelles parts de manière continue. Les fonds fermés, les seuls autorisés par la loi suisse à faire appel au public, ont un capital fixe.

Par rapport aux certificats, la protection de l'investisseur, garantie par la Commission fédérale des banques qui assume la fonction d'autorité de surveillance, est le grand avantage des fonds de placement. La direction d'un fonds le gère aussi en visant à réduire les risques. Mais, s'il ne s'agit pas d'un fonds indiciel, celui qui investit dans un fonds de placement prend le risque de ne pas atteindre l'objectif de placement fixé. Il assume aussi celui de voir la banque dépositaire du fonds faire faillite même si, dans ce cas, les avoirs du fonds de placement sont distraits de la masse au bénéfice des investisseurs.

L'investisseur prend aussi un risque monétaire et un risque lié aux taux d'intérêt. Ces risques sont toutefois plus importants pour les fonds en obligations que pour les fonds en actions. Enfin, l'investisseur assume le risque d'insolvabilité, c'est-à-dire celui de voir la direction d'un fonds dans l'incapacité, par manque de liquidités, de rembourser les parts dans les délais ou encore le risque de voir la direction dans l'incapacité de vendre les parts ou être obligée de les céder avec des pertes importantes.

Les fonds de placement présentent un autre inconvénient, lié à une lacune importante en matière d'information. Mais, grâce à la recherche pratiquée dans ce domaine, aux agences de notation, à la volonté d'obtenir une performance maximale, à l'attribution de notes qualitatives (awards), à la création de plates-formes d'information et au recours à des fonds tiers, la transparence de ce marché devrait nettement s'améliorer. Avant de s'engager, l'investisseur devrait, avec l'aide du prospectus, clarifier tout ce qui concerne le risque et le type de placement d'un fonds. Ce faisant, il pourra en choisir un avec un bon rapport risque/rendement et un niveau intéressant de coûts.

Le prix des fonds

Outre les risques, il y a les coûts, c'est-à-dire, en particulier, le courtage et, pour les fonds de placement de droit luxembourgeois, le droit de timbre de négociation. De plus, les fonds de placement répercutent les frais de gestion et divers autres frais venant de la création des prospectus publicitaires, des transactions sur titres et couvrant la rémunération de l'organe de révision. Selon la société-conseil londonienne Fitzrovia International, les frais qu'un fonds répercute ainsi sur l'investisseur représentent environ 1,1% de la fortune moyenne du fonds. La gestion des fonds portant sur des indices étant nettement plus simple et les transactions sur titres moins nombreuses, les frais de gestion sont, dans ce cas, nettement inférieurs à la normale.

Parallèlement aux frais évoqués ci-dessus, les fonds répercutent aussi les impôts sur les bénéfices (intérêts et dividendes). Pour les fonds en obligations, ce montant peut être relativement élevé. Il faut aussi souligner que la plupart des fonds n'acceptent qu'un ordre d'achat ou de vente par jour et que le prix d'émission, correspondant à la valeur d'inventaire nette des parts additionnée de la commission d'émission, n'est communiqué à l'acheteur que le lendemain de la transaction. Mais il existe des fonds cotés en Bourse qui permettent à l'investisseur un négoce permanent. Par rapport aux certificats, les fonds de placement ont un avantage significatif en permettant de mélanger les instruments pour obtenir un rapport risque/rendement correspondant exactement à la stratégie souhaitée. Mais la loi étant plus stricte, la création d'un fonds de placement réclame un certain temps. Les fonds de placement sont donc moins rapides à répondre aux besoins des investisseurs.

Avant de prendre sa décision, l'investisseur doit donc fixer son objectif de placement selon sa capacité et sa volonté à assumer un risque et de la durée du placement. Celui qui vise le moyen ou le long terme prendra moins de risques et assumera moins de frais s'il choisit un fonds de placement. En effet, il ne paiera pas les frais et ne courra pas les risques occasionnés par le transfert d'un certificat à un autre. En résumé, les deux produits ont des avantages et des inconvénients. L'investisseur doit décider, selon la durée du placement et les risques qu'il veut prendre, quel est l'instrument qui lui convient. En règle générale, les certificats sont plus intéressants pour ceux qui misent sur le court terme. Les fonds de placement, qui offrent une palette de produits plus large et s'adaptent plus facilement à l'évolution du marché, sont davantage destinés aux investisseurs qui préfèrent le moyen ou le long terme.

* Claudine Hänny est assistante du Chief Investment Officer de la Banque Leu SA. Nikos Pollakis collabore au Service Sales & Trading Research de la Banque Leu SA.