Développement

Cette année, Genève Palexpo s’offrira deux hôtels Ibis

Un deux-étoiles et un trois-étoiles de 227 chambres au total doivent ouvrir leurs portes en novembre prochain. Le propriétaire, la chaîne française Accor, a déjà lancé le recrutement du directeur général. Cette arrivée a suscité un vif conflit de voisinage

Voilà une quinzaine d’années que Palexpo et les milieux touristiques genevois en parlent. La nouvelle paire d’hôtels Ibis, plus exactement un établissement deux-étoiles de 112 chambres et un autre de 115 chambres classé trois étoiles, doit être livrée cette année. «L’ouverture est prévue fin novembre», confirme au «Temps» Claude Membrez, directeur général du centre d’expositions du bout du lac, dont l’Etat est propriétaire principal.

Le chantier de ces établissements jumeaux a été lancé l’an passé. En toute discrétion. Avant même le premier coup de pioche, le projet de faire pousser un hôtel pour petits budgets dans le périmètre de Genève Aéroport, mais flanqué d’une offre complémentaire de gamme supérieure, avait provoqué un conflit de voisinage.

Starling s’opposait

L’hôtel Starling contigu, le plus gros porteur quatre étoiles du pays cumulant 496 chambres et qui s’était volontairement départi de sa cinquième étoile en 2012 pour séduire davantage de touristes d’affaires, avait qualifié l’initiative «d’attitude déloyale». L’enseigne rachetée l’été dernier par Qatar Airways Company, selon le magazine «Bilan», et jusqu’ici détenue majoritairement par l’ancien banquier René de Picciotto, avait alors fait opposition.

Lire aussi: Conflit de voisinage entre l’hôtel Starling et Palexpo

Motif de la démarche: l’enceinte du site d’expositions ne devait, dans sa version initiale, accueillir qu’un seul hôtel d’entrée de gamme – comprise entre une et deux étoiles, car Genève manque cruellement d’hébergements pour petits budgets –, accolé aux halles 4 et 5, à six mètres au-dessus des quais de chargement. Objectif évoqué: loger, à moindres frais, les visiteurs de Palexpo. Mais aussi, et en priorité, les ouvriers chargés du montage et du démontage des salons, jusqu’ici habitués à dormir dans des hamacs, directement sur place, au-dessus des installations.

Des tensions maximales entre Palexpo et le Starling

Les tensions entre Palexpo et le Starling avaient atteint leur paroxysme fin décembre 2015, sur fond de manque à gagner pour Genève et de problèmes de mobilité en cascade lors d’importantes manifestations en raison d’une fuite de la clientèle vers l’offre hôtelière de France voisine.

Au cœur de la discorde se trouve la volonté réaffirmée d’ériger, en fin de compte, non pas un mais deux hôtels, comprenant de surcroît un nombre inattendu de chambres trois étoiles, jugé trop important par les opposants.

Le risque avec ce dispositif enrichi: un transfert de clientèle du Starling vers le futur Ibis de Palexpo. Longtemps contrarié, le rêve du centre d’expositions genevois de se doter d’un dispositif d’hébergement in situ et capitaliser sur ses propres nuitées, risquait de se voir repoussé d’encore quelques années.

Le différend semble à présent enterré. Pour preuve, le groupe Accor, parmi les leaders mondiaux de l’industrie hôtelière à la tête de plus de 50 enseignes en Suisse, vient de lancer le recrutement du futur directeur général de sa franchise Ibis à Palexpo. Budget envisagé pour le chantier de 227 chambres au total, ventilées sur deux établissements: environ 30 millions de francs (hors foncier).

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