Les ventes de terrains explosent en Chine

Depuis qu’une grande réforme, au milieu des années 1990, a permis à Pékin de toucher l’essentiel des ressources fiscales chinoises, les gouvernements locaux ont pris l’habitude de compter sur les ventes de terrains pour équilibrer leurs budgets. Les chiffres publiés ce matin par le China Times, qui prouvent que ces ventes explosent, font donc froid dans le dos puisqu’ils pourraient traduire l’urgence financière dans laquelle se trouvent de nombreuses localités.

A Shanghai, le chiffre d’affaires généré par les ventes de terres a augmenté de 277% entre les premiers semestres 2012 et 2013. A Pékin, la hausse a été de 390%. Dans la ville de Hangzhou, ce chiffre a été multiplié par plus de 6. Un réseau d’agences immobilières chinois estime qu’en moyenne, dans les 306 villes où il est présent, la hausse a été de 60% sur la même période. Le Centre de recherche sur l’immobilier (CIRC) la chiffre à 160% dans dix grandes villes chinoises.

Même si les estimations divergent, il semble donc avéré que les ventes ont explosé. Pour Zeng Kanghua, de l’Université d’économie et de finance de Pékin, cette situation prouve que «le revenu budgétaire est en train de baisser» et que «les dettes locales sont à un sommet».

Shanghai, nouveau laboratoire économique de la Chine

Si l’on en croit le South China Morning Post, journal de Hongkong, la ville de Shanghai pourrait servir rapidement de laboratoire aux projets de libéralisation économique du gouvernement chinois. Alors que la capitale économique chinoise a reçu l’aval des autorités, il y a une semaine, pour la création d’une zone de libre-échange, il semble aujourd’hui que Pékin s’apprête à détailler les activités qui seront autorisées sur ce territoire.

Au nombre de 21, ces projets concernent par exemple la facilitation d’ouvertures d’agences bancaires pour les groupes étrangers, la possibilité de fabriquer sur place, et donc de les vendre sur le marché chinois, des consoles de jeux – ce qui signifierait la fin d’une interdiction en vigueur depuis l’an 2000. Des ouvertures seraient proposées aussi aux secteurs de l’assurance santé, du transport maritime, des ressources humaines ou encore des agences de voyages.

Au même moment, les rumeurs se multiplient en Chine au sujet de deux villes côtières, Xiamen et Tianjin, qui pourraient toutes deux prétendre ouvrir rapidement leur propre zone de libre-échange. Au lendemain d’une déclaration du premier ministre par laquelle ce dernier a martelé que le rythme de croissance actuel était suffisant et que le but était désormais de réformer l’économie, il semble de plus en plus clair que Pékin a pour objectif d’enclencher une nouvelle phase de libéralisation. En conservant la méthode qui a fait le succès de la Chine depuis trente ans, qui consiste à tester localement les réformes avant de les généraliser.

Les grèves sud-coréennes déstabilisent General Motors

Depuis plus d’une semaine, l’activité des usines sud-coréennes de General Motors (GM) est perturbée par d’importants mouvements sociaux et la production mondiale du constructeur américain commence à être affectée. Dès la semaine dernière, les puissants syndicats représentant les ouvriers du groupe avaient assuré qu’ils organiseraient des débrayages quotidiens dans les quatre sites GM de la péninsule jusqu’à ce que la direction de l’entreprise ait accepté des hausses de salaires et se soit engagée à maintenir ses investissements dans le pays. Le mouvement a retardé la production de plusieurs milliers de véhicules pour General Motors, qui a fait de la Corée du Sud l’une des bases clés de son système industriel. 80% des véhicules produits dans le pays sont exportés et près des 40% des Chevrolet vendues dans le monde sont produites dans le pays.

S’ils demandent, comme chaque année, de meilleurs salaires, les syndicats semblent aussi particulièrement redouter une prochaine baisse d’activité de leurs usines. Ils ont notamment protesté contre la décision du constructeur d’exclure sa filiale sud-coréenne de son plan mondial de production de sa nouvelle berline Cruze, dont l’ancien modèle est actuellement assemblé sur place.

Une cour sud-coréenne ravive les tensions avec Tokyo

En Asie du Nord, le passé ne passe toujours pas. Hier soir, une cour sud-coréenne a ravivé les tensions entre Séoul et Tokyo en ordonnant, dans un jugement historique, au géant japonais de l’acier Nippon Steel & Sumitomo Metal Corp de dédommager quatre Sud-Coréens qui avaient été contraints de travailler, sans salaire, pour le sidérurgiste japonais avant la Seconde Guerre mondiale. Le tribunal demande au groupe nippon de payer 100 millions de wons (88 000 dollars), pour salaires impayés, à chacun des quatre plaignants, qui avaient déjà tenté, en vain, d’obtenir des dédommagements du sidérurgiste devant des cours japonaises.

Les quatre hommes affirment que le groupe avait profité de la colonisation de la Corée par le Japon entre les années 1910 et 1945 pour enrôler de la main-d’œuvre gratuite coréenne dans plusieurs de ses sites de production. Nippon Steel, qui a fusionné l’an dernier avec Sumitomo Metal Corp, a annoncé qu’il allait faire appel de la décision, qui serait, selon lui, contraire à un traité bilatéral de 1965 signé par Séoul et Tokyo, qui encadrait et mettait un terme à la délicate question des compensations liées à la colonisation.