Le Japon perd son titre de plus gros fournisseur de la Chine

Les autorités sud-coréennes triomphent ce matin après avoir décortiqué leurs dernières statistiques commerciales et découvert que les entreprises de la péninsule avaient exporté plus vers la Chine, au cours des dix premiers mois de l’année, que leurs concurrentes japonaises. C’est la première fois en 18 ans que le Japon perd sa couronne de plus gros exportateur vers la Chine. Entre janvier et octobre, les sociétés de l’Archipel auraient envoyé pour 133,2 milliards de dollars de produits vers la deuxième puissance économique de la planète. Dans le même temps, les groupes sud-coréens ont eux exporté 150 milliards de dollars de marchandises.

Si ce renversement peut indiquer que les sociétés japonaises ont déjà massivement délocalisé leurs productions en Chine et sont donc moins dépendantes des envois de leurs usines domestiques, il met aussi en valeur la spectaculaire progression de la Corée du Sud dans le commerce mondial. Sur l’année 1954, les exportations sud-coréennes avaient, toutes destinations confondues, atteint un montant de 24 millions de dollars. Désormais, le pays exporte pour plus de 520 milliards de dollars par an. La performance de cette année devrait aussi permettre aux autorités de Séoul de relativiser leurs craintes liées à la rapide dépréciation du yen face au won, qui devait, selon elles, faire terriblement souffrir leurs grands groupes.

Séoul et Canberra célèbrent leur accord de libre-échange

Au terme de près de 5 années de négociations, les gouvernements sud-coréen et australien viennent de finaliser la rédaction d’un ambitieux accord de libre-échange entre leurs deux pays. Le pacte commercial qui sera officiellement ratifié par leurs parlements dans les prochains mois entrera en vigueur en 2015. Il prévoit une abolition des droits douaniers pour la plupart des produits dans le commerce entre les deux pays dans les huit ans à venir.

Mais il va surtout organiser une suppression immédiate des taxes sur 20 produits incluant les automobiles, dont les voitures compactes (1000-1500 mètres cubes) et les berlines (1500-3000 mètres cubes), qui devrait conduire à une poussée rapide de la part de marché des marques sud-coréennes Hyundai et Kia en Australie. Il s’agit du premier accord de libre-échange appelant à une abolition immédiate des droits douaniers pour les automobiles, a précisé le gouvernement sud-coréen. «La plupart des autres ALE prévoient une abolition des taxes entre trois ou cinq ans après la mise en application, mais cette fois-ci elle aura lieu immédiatement», ont indiqué les officiels.

L’an dernier, la Corée du Sud avait exporté pour 2,1 milliards de dollars de véhicules, ce qui représentait un quart de ses exportations totales dans ce pays. De son côté, Canberra espère que l’accord va profiter à ses producteurs de viande de bœuf ainsi qu’à ses grands groupes miniers Rio Tinto Ltd. and BHP Billiton Ltd. qui alimentent la péninsule en matières premières.

Contrat géant pour des groupes sud-coréen et chinois au Venezuela

Un consortium emmené par Hyundai Engineering and Construction, le plus grand constructeur sud-coréen, vient d’indiquer qu’il avait emporté une commande pour un chantier de 2,3 milliards de dollars au Venezuela. Le consortium, qui associe également le sud-coréen Hyundai Engineering Co ainsi que le chinois Wison Engineering, doit construire, sur les trois prochaines années, une raffinerie de pétrole ainsi qu’une autoroute dans le sud-ouest du pays pour le groupe pétrolier public vénézuélien PDVSA. Ces nouvelles installations pétrolières pourront, à terme, traiter 40 000 barils de pétrole brut par jour. Hyundai E&C a précisé qu’il détenait une part de 61% dans le consortium, tandis que Hyundai Engineering et Wison Engineering en contrôlent respectivement 26% et 13%.

Nouvelle initiative pour dynamiser la zone de libre-échange de Shanghai

Les autorités chinoises ont annoncé qu’elles allaient créer un comité permettant de faire travailler ensemble tous les régulateurs impliqués dans le projet de zone de libre-échange de Shanghai. Concrètement, cela signifie que la CSRC, la CBRC et la PBOC, autrement dit, les régulateurs boursiers et bancaires ainsi que la Banque centrale, vont unir leurs compétences dans le but d’accélérer les prises de décision. Cette annonce apparaît comme une preuve de plus de la volonté de Pékin de dynamiser ce projet, après une inauguration qui avait plutôt déçu les milieux d’affaires par son manque d’ambition.

Le week-end dernier déjà, la Banque centrale a publié une liste de 30 réformes qu’elle prévoit de mener dans la zone. Des projets qui confirment notamment la volonté de permettre aux capitaux internationaux de rentrer et sortir du territoire de 29 kilomètres carrés. Hier, elle a poursuivi sur sa lancée en annonçant qu’elle visait une concrétisation de la majorité de ces points au cours des 12 prochains mois. Un volontarisme à la fois encourageant et surprenant. Car un certain nombre de projets liés à cette zone pourraient avoir des effets déstabilisants sur l’ensemble de l’économie chinoise. De nombreux économistes s’attendaient plutôt à ce que Pékin, fidèle à sa méthode habituelle, opte pour une implémentation très progressive de ses ambitions.