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Moins de croissance en Asie, selon la BAD

Prenant en considération le fort ralentissement de l’activité en Inde et en Chine, la Banque asiatique de développement (BAD) vient de revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Asie émergente. Selon l’institution, la hausse du PIB dans la région -hors Japon -pourrait n’atteindre que 6,1% en 2012 et non 6,9% comme les économistes de la banque le croyaient encore en avril dernier. En 2013, la hausse du PIB devrait être de 6,7% contre 7,3% initialement prévu. «Les pays en développement d’Asie vont devoir s’adapter à un environnement de croissance modérée et accroître leurs efforts pour réduire leur dépendance aux exportations», prévient l’ADB, qui pointe le ralentissement en Chine et en Inde, où les PIB devraient, respectivement croître de 7,7% et de 5,6% en 2012. Au printemps, les experts misaient encore sur une croissance de 8,5% en Chine et de 7% en Inde.

Si la crise européenne et la contraction fiscale aux Etats-Unis risquent de peser encore pendant de longs mois sur la demande pour les produits asiatiques, la BAD estime que la situation n’appelle toutefois pas encore au lancement de grands plans de relance dans la région. La banque conseille plutôt aux pays émergents de la zone de profiter de cette crise pour enfin doper leurs secteurs des services et générer de la demande interne.

Les banques chinoises boudent les réunions du FMI et de la Banque mondiale

Christine Lagarde - ReutersDans une interview accordée à la presse japonaise, la secrétaire générale du FMI, Christine Lagarde, appelle, ce matin, la Chine et le Japon à se concentrer sur les questions économiques et à ne pas «être distraites par les divisions territoriales». Des propos qui font suite à l’annonce, par la plupart des grandes banques chinoises, de leur refus de participer aux réunions du FMI et de la Banque mondiale qui doivent se tenir, la semaine prochaine, à Tokyo.

Plus de 15.000 représentants de la finance mondiale, publique et privée, sont attendus dans la capitale nippone. Mais la China Construction Bank et la Bank of Communications ont d’ores et déjà annoncé qu’elles ne viendraient pas. Selon Dow Jones, Bank of China réfléchirait à la question. Si aucune explication officielle n’a été fournie, un responsable d’Agricultural Bank of China, troisième banque chinoise, a déclaré que ce boycott était «clairement dû aux relations nippo-chinoises».

Les deux pays traversent une crise diplomatique profonde depuis que le gouvernement japonais a annoncé son projet de nationaliser les îles que revendiquent les deux pays, baptisées Senkaku au Japon et Diaoyu en Chine. Cette manoeuvre, qui visait en réalité à devancer les projets provocateurs des nationalistes japonais sur ces îlots, a déclenché une vague de manifestations anti-japonaises sans précédent en Chine. Et les relations économiques semblent se tendre, avec des ventes en baisse pour plusieurs enseignes japonaises sur le sol chinois, et des procédures de douanes devenues particulièrement fastidieuses pour faire entrer les produits nippons dans la deuxième économie mondiale.

Coup dur pour les projets franco-chinois dans le nucléaire

C’était un projet inédit : il y a quelques mois, Areva confirmait des rumeurs de presse selon lesquelles il s’apprêtait à proposer une offre conjointe avec des industriels chinois pour le projet Horizon de construction de plusieurs réacteurs en Grande-Bretagne. Ce marché, d’une valeur estimée à 18 milliards d’euros, était à nouveau à prendre après le retrait de la course des électriciens allemands. Pour le remporter, le groupe nucléaire français prévoyait de s’allier avec CGNPC, son partenaire historique en Chine, avec lequel Areva développe notamment deux réacteurs de troisième génération EPR, à Taishan, dans le sud de la Chine.

Mais d’après des informations publiées ce matin par le «Financial Times», l’alliance franco-chinoise ne se matérialisera pas. La date limite de dépôt des dossiers est en effet passée, et le quotidien britannique croit savoir que seuls deux groupes japonais sont finalement en lice : Hitachi et Toshiba/Westinghouse. Si le journal y voit un coup dur pour l’avenir nucléaire de la Grande-Bretagne qui espérait obtenir des financements privilégiés de la part de la Chine sur ces contrats, cela constitue également, à l’évidence, une mauvaise nouvelle pour la filière nucléaire française en Chine, qui misait beaucoup, ces derniers mois, sur des projets d’alliance avec les électriciens chinois à l’international.

Ce retrait apparaît comme un révélateur de l’âpreté des négociations en cours entre la France et la Chine, négociations rendues particulièrement complexes par les rivalités entre les deux acteurs français du secteur, EDF et Areva. Tout en étant censés travailler conjointement à un projet de réacteur franco-chinois, les deux groupes semblent également être dans une course de vitesse pour prendre la tête de la filière. EDF aurait notamment négocié directement avec CGNPC pour développer un réacteur entrant en concurrence directe avec l’Atmea développé par Areva et Mitsubishi.

Toyota et Honda accélèrent les délocalisations

Cherchant toujours à se protéger contre le renchérissement du yen, qui pèse sur la compétitivité de ses voitures exportées à l’étranger, le plus grand constructeur automobile nippon, Toyota, envisagerait d’accélérer la délocalisation de la production de ses Corolla. Selon le «Nikkei», le groupe ne voudrait plus produire, à l’horizon 2014, dans l’archipel que les Corolla destinées à son marché domestique. Il continue actuellement d’exporter chaque année depuis ses usines nippones plus de 70.000 Corolla vers les Etats-Unis, l’Europe ou l’Australie mais voit ses marges s’effondrer avec la hausse du taux de change de la devise japonaise face au dollar et à l’euro.

Egalement victime du yen fort, Honda met lui aussi en place la délocalisation de la fabrication de son modèle Fit, dont il avait exporté sur la dernière année fiscale 67.000 unités à des coûts peu avantageux. En 2014, les dizaines de milliers de Fit destinées au marché américain seront assemblées dans une usine Honda du Mexique. A terme, Honda espère qu’il n’exportera plus chaque année, tous modèles confondus, que 200.000 véhicules depuis ses sites japonais. En 2007, il en avait exporté 690.000 unités.