La Chine sous le choc d’un nouvel attentat meurtrier

La capitale de la province occidentale chinoise du Xinjiang, Urumqi, a été le théâtre, ce jeudi matin, d’un nouvel attentat meurtrier. D’après des témoins cités par l’agence officielle chinoise Xinhua, deux véhicules auraient foncé dans la foule sur un marché en plein air, lançant des explosifs. L’un des deux véhicules aurait ensuite lui-même explosé.

Xinhua n’a donné aucune estimation du nombre de morts ni de blessés. Cette attaque semble illustrer, à nouveau, l’intensification du combat des séparatistes ouïghours, et leur violence croissante. Ces derniers mois, plusieurs attentats meurtriers ont secoué la Chine. Sans qu’aucune enquête indépendante n’ait pu être effectuée, le pouvoir a systématiquement mis en cause les séparatistes ouïghours, une minorité turcophone et de confession musulmane originaire du Xinjiang.

Fin mars, en particulier, une attaque au couteau par un commando, dans la gare de Kunming, dans le sud du pays, avait fait 30 morts et des dizaines de blessés. Plus récemment, c’est la gare d’Urumqi qui avait été visée par une attaque, le jour même où Xi Jinping, le chef de l’Etat, se rendait dans la ville. Trois personnes étaient décédées.

A l’automne dernier, une voiture avait foncé dans la foule, place Tiananmen, avant d’aller exploser près du portrait de Mao. Cinq personnes, dont les trois attaquants, avaient trouvé la mort. Le séparatisme ouïghour n’est pas récent, mais il semble donc gagné par la radicalisation.

Pékin pointe systématiquement les liens supposés entre ce mouvement terroriste et le fondamentalisme musulman. Mais les observateurs indépendants insistent plutôt sur la marginalisation économique et culturelle qu’ont subie les Ouïghours sur leur propre territoire. Tout en annonçant des projets de développement économique pour la région, le pouvoir renforce surtout, actuellement, son dispositif répressif dans toute la région.

Un juge s’oppose au redémarrage de réacteurs japonais

Pour la première fois depuis la catastrophe de Fukushima, un tribunal japonais a décidé, hier, de se prononcer contre le redémarrage d’une centrale nucléaire de l’ouest du pays que les autorités et l’un des grands électriciens de l’Archipel pensaient pourtant pouvoir rapidement rallumer.

Etudiant une plainte, déposée en novembre 2012 par 189 citoyens vivant dans un rayon de 250 kilomètres autour de la centrale d’Oi, le tribunal de la préfecture de Fukui a estimé que toutes les mesures de sécurité nécessaires à une exploitation sur les réacteurs 3 et 4 du site n’avaient pas été prises par l’électricien Kansai Electric Power. Il s’inquiète notamment de la sous-estimation des dommages qui pourraient être causés par un tremblement de terre dans la zone.

Les opposants japonais à l’atome ont vu dans ce jugement une première victoire dans leur combat contre la relance des centrales du pays. Aucune des 48 tranches nucléaires japonaises ne produit actuellement de l’électricité, mais les exploitants de 18 d’entre elles espèrent obtenir dans les prochains mois un feu vert du régulateur du secteur.

Ces électriciens ont procédé depuis 2011 à d’importants travaux dans leurs centrales pour respecter les nouvelles normes de sécurité mises en place par Tokyo après la catastrophe de Fukushima en mars 2011 et ils attendent, avec impatience, le résultat des travaux d’inspection des équipes de la NRA – la Nuclear Regulation Authority.

Kansai Electric Power a ainsi déposé un dossier pour rallumer ses deux réacteurs d’Oi, où il a effectué de coûteux travaux. Embarrassé par la décision du tribunal qui risque de freiner sa campagne en faveur d’une relance du nucléaire dans le pays, le gouvernement de Shinzo Abe a indiqué qu’il faisait confiance à la NRA pour juger de la sécurité des installations et qu’il suivrait ses recommandations.

L’électricien Kansai Electric a, lui, immédiatement fait appel de la décision et ainsi suspendu la décision du tribunal. Il espère qu’il pourra obtenir un aval du régulateur – et donc redémarrer ses réacteurs – avant qu’une nouvelle cour ne se soit prononcée sur la plainte des habitants.

Coup dur pour les ambitions aéronautiques de la Chine

Il va falloir patienter un peu plus que prévu pour voir le futur C919 chinois prendre son envol commercial. L’avion sur lequel travaille le groupe public Comac devait à l’origine être testé, pour la première fois, en 2014 et commencer son existence commerciale en 2016. Mais d’après le Wall Street Journal de jeudi, l’objectif est décalé de deux ans.

Ce retard ne doit pas être surinterprété: il est fréquent dans ce genre de programme industriel ambitieux. A fortiori pour un groupe comme Comac, encore relativement débutant en la matière. Mais il représente malgré tout un coup dur pour Pékin, qui cherche à s’affranchir au plus vite du duopole Airbus-Boeing. Déjà, 400 précommandes ont été effectuées pour le futur monocouloir de 150 places, dont l’immense majorité émane de compagnies aériennes chinoises.

Le précédent avion commercial de Comac, l’ARJ21, dont la capacité maximale est de 90 sièges, a effectué son premier vol de test en 2008, mais n’a toujours pas été autorisé à entrer en fonction par l’autorité de certification. La volonté de Pékin de s’imposer dans cette filière industrielle se heurte pour l’instant à sa faible expérience.

D’où sa volonté, dans son partenariat avec Airbus notamment, de localiser sur le sol chinois une proportion croissante de la valeur ajoutée des avions, afin de bénéficier de transferts de technologies. A ce stade, l’aviation civile reste un des domaines où Pékin n’est pas encore parvenu à se poser en concurrent crédible des sociétés occidentales.

Enfin un signe de stabilisation pour l’industrie chinoise

Ce n’est pas encore un chiffre enthousiasmant, mais, au moins, il met un terme à la spirale de la baisse. L’indice «flash PMI» publié par HSBC et Markit, qui résume l’état d’esprit des directeurs d’achat chinois dans l’industrie, s’est établi, pour le mois de mai, à 49,7 points.

Certes, c’est encore un chiffre inférieur à 50, ce qui signifie que la tendance reste à la contraction. Malgré tout, c’est une bonne nouvelle pour l’économie chinoise: les analystes s’attendaient, en moyenne, à un chiffre situé à 48,3 points. Et en avril, le même indice PMI (dans sa version définitive et non préliminaire comme ce matin) avait touché les 48,1.

C’est donc le plus faible recul de l’activité manufacturière observé en cinq mois. Un léger mieux qui pourrait apparaître comme la première concrétisation des mesures de soutien à l’activité décidées par Pékin. Les autorités ont en effet annoncé des mesures fiscales, mais aussi impulsé des programmes d’infrastructures, notamment ferroviaires et immobilières.

Sur le plan monétaire, certaines banques rurales ont vu leur ratio de réserves obligatoires être abaissé, ce qui a débloqué chez elle de la marge de manœuvre pour l’octroi de crédit. Et la banque centrale a récemment demandé aux grandes banques d’accélérer le crédit immobilier. Malgré tout, le scénario pour la suite reste extrêmement flou.

Car, en dépit des mesures décidées par Pékin, les fondamentaux ne sont pas bons, en particulier en matière immobilière. Hier, l’agence Moody’s avait placé sous surveillance négative le secteur immobilier chinois. Et les statistiques publiées ces derniers jours pointent toutes les risques d’un retournement du marché. Retournement dont les conséquences pourraient être violentes, dans un pays où l’immobilier sert souvent de garantie aux emprunts bancaires.

Toshiba emporte un gros contrat pour équiper l’ITER de Cadarache

Le groupe japonais Toshiba a confirmé qu’il venait d’emporter une commande de 47 milliards de yens (340 millions d’euros) d’équipements destinés au réacteur expérimental international de fusion thermonucléaire ITER, actuellement en chantier à Cadarache près d’Aix-en-Provence.

Le contrat a été passé au géant nippon par l’Agence de l’énergie atomique du Japon (Japan Atomic Energy Agency – JAEA), qui est associée financièrement et technologiquement au projet. Le projet, qui devrait nécessiter plus de 15 milliards d’euros d’investissement, est financé et géré par sept entités membres: le Japon, l’Union européenne, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde.

Il vise à démontrer la possibilité de produire une forme d’énergie nucléaire «propre» grâce à la fusion thermonucléaire. Cette dernière se produit dans un plasma deutérium-tritium à haute température de l’ordre de 100 millions de degrés et la chaleur produite par la réaction de fusion sert à générer de l’électricité. Comme la source du carburant de fusion nucléaire est abondante dans la nature, la fusion thermonucléaire, une fois éprouvée, pourrait s’imposer, en théorie, comme une source d’énergie perpétuelle.

D’ici à 2017, Toshiba va fabriquer pour l’ITER quatre bobines de champ toroïdal – et six conteneurs pour les abriter – permettant de produire des champs magnétiques puissants qui confinent le plasma à très haute température, afin que la fusion nucléaire puisse se produire. Le réacteur expérimental doit normalement produire son «premier plasma» en novembre 2020. Les premières opérations de fusion thermonucléaire seront tentées en 2027.