Samsung s’essaie au smartphone géant

Multipliant les lancements pour contrer l’essoufflement de la croissance de la demande pour ses smartphones haut de gamme, Samsung Electronics teste, depuis ce mardi matin sur le marché sud-coréen, un smartphone géant brouillant les frontières entre les téléphones et les tablettes. L’appareil, baptisé «Galaxy W», propose ainsi les fonctionnalités vidéo d’une tablette, avec son énorme écran de 7 pouces que les utilisateurs peuvent en théorie tenir d’une seule main, mais aussi les fonctions classiques d’appels sur un réseau télécom conventionnel qui ne sont pour l’instant pas offertes sur les tablettes.

Semblant vouloir séduire les consommateurs ne pouvant financièrement s’offrir deux produits distincts – un smartphone et une tablette –, Samsung a opté pour un appareil de gamme moyenne utilisant le système d’exploitation Android Jelly Bean 4.3. Proposé dans le cadre d’un contrat avec l’opérateur SK Telecom, le Galaxy W peut être acheté indépendamment au prix de 499 000 wons, soit 358 euros.

Enfin des signaux positifs pour l’économie chinoise

En trois jours seulement, plusieurs statistiques sont venues apporter un peu d’espoir au sujet de l’économie chinoise. Ce matin, l’indice manufacturier publié par HSBC et Markit a été annoncé à 49,4 points pour le mois de mai, soit le meilleur score depuis quatre mois, et un rebond très net par rapport aux 48,1 constatés en avril. Même si la barre des 50 n’est pas atteinte, ce qui témoigne d’une contraction continue, celle-ci semble moins prononcée. Dimanche, la publication de l’indice officiel des directeurs d’achat avait été plus positive encore, celui-ci s’étant établi à 50,8 points en mai.

Pour la première fois depuis l’annonce d’un mini-stimulus en Chine, les mesures de soutien à l’économie semblent donc commencer à porter leurs fruits. L’autre note d’espoir concerne le secteur tertiaire. L’indice PMI des services, publié ce matin, est ressorti à 55,5 en mai, contre 54,8 en avril. Si les industriels traversent une mauvaise passe en Chine, les services semblent, eux, sur une dynamique porteuse.

Sursaut du Nikkei

Apparemment encouragé par les performances de Wall Street et une légère dépréciation du yen, qui laisse envisager une progression comptable des revenus des groupes japonais bien implantés à l’étranger, le Nikkei est repassé, ce matin, au-dessus de la barre symbolique des 15 000 points, où il ne s’était plus aventuré depuis deux mois. En début d’après-midi à Tokyo, l’indice était ainsi mesuré en hausse de 0,85% à 15.063 points.

Les junkies chinois font rouvrir le Triangle d’or

Au milieu des années 2000, les officiels de l’ONU célébraient, dans leurs discours, la quasi-éradication de la culture de l’opium dans les zones montagnardes situées aux confins de la Thaïlande, du Laos et de la Birmanie. Le mythique «Triangle d’or», qui alimentait les marchés mondiaux en héroïne dans les années 1970 et 1980, n’était plus qu’une attraction pour touristes. Mais dans un rapport très complet titré «Bouncing Back», les experts de l’ONG «Transnational Institute» (TNI) viennent de révéler que la production de drogue connaissait une soudaine renaissance dans la région et commençait même à s’étendre à d’autres pays asiatiques, jusqu’ici épargnés par ce trafic. «La culture du pavot à opium a doublé depuis 2006 au Laos et en Birmanie. Et l’exploitation dans le nord-est de l’Inde, qui est rarement intégrée aux statistiques globales, vient d’augmenter de manière très significative», affirment les auteurs de l’étude. Des champs sont même réapparus en Thaïlande. Sur la seule année 2013, le bond de production aurait atteint 22% dans la zone, selon les calculs de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Désormais, près d’un tiers de l’opium mondial serait produit dans le Triangle d’or.

Pour expliquer cette forte reprise, les analystes de TNI pointent l’inadaptation de plusieurs programmes d’éradication menés par les autorités locales, l’inefficacité des politiques de lutte contre la pauvreté proposées aux paysans préférant les forts revenus de la culture du pavot mais surtout l’explosion de la demande asiatique pour des opiacés, notamment en Chine. «La consommation d’héroïne a considérablement progressé depuis les années 1990 en Chine, s’étendant de la province du Yunnan, frontalière de la Birmanie et du Laos, à l’ensemble du pays», explique le rapport. Si les fermiers ont découvert la consommation d’opiacés, la demande serait désormais portée par des jeunes urbains peu éduqués. Selon les Nations unies, la Chine consommerait désormais environ 65 tonnes d’héroïne par an, soit plus que la production totale de l’ensemble du Triangle d’or et les trafiquants seraient contraints de se fournir en Afghanistan, qui reste le plus grand producteur mondial d’opiacés, pour compléter leur commerce. Selon les estimations de l’IHRA, l’International Harm Reduction Association (IHRA), qui ne tiennent pas compte de la gigantesque consommation de stupéfiants de synthèse, 2,5 millions de Chinois s’injecteraient désormais de la drogue.