L’année avait pourtant bien commencé. Dans son rapport publié mardi, l’Office fédéral de la statistique (OFS) relève que le nombre de nuitées hôtelières pour les mois de janvier et février était en hausse par rapport aux mêmes mois en 2019. Mais le Covid-19 est passé par là.

Un printemps semi-confiné, des frontières closes et la dégringolade pour le tourisme suisse. Aucune région n’a été épargnée. On dénombre 205 000 nuitées au mois d’avril, soit 2 millions et demie de moins que l’année dernière. Au total, sur le premier semestre 2020, la demande étrangère chute de 60,1% et la demande indigène de 32,4%.

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Depuis le mois de juin, toutefois, l’OFS annonce une légère hausse des nuitées avec une clientèle majoritairement suisse qui profite du climat de pandémie pour visiter son pays. Dans le canton de Vaud, on se réjouit timidement. «Si le premier trimestre a été une chute libre, la situation est globalement assez bonne depuis le début des vacances scolaires, détaille Cindy Maghenzani, porte-parole de l’Office du tourisme vaudois. L’été est plutôt bon, mais il sera toutefois impossible de remonter au niveau de 2019.»

Cap sur la parahôtellerie

Entre les touristes étrangers qui manquent cruellement et la peur ambiante de trop se mêler à la foule, il semblerait que l’hôtellerie suisse ne soit pas sortie d’affaire. Néanmoins, un secteur semble tirer son épingle du jeu: la parahôtellerie. Dans la maison d’hôte Lodge Glardons, à Marin-Epagnier (NE), on est complet depuis le mois d’avril et jusqu’à la mi-août. «C’est fantastique!» s’exclame la propriétaire, Anne Lise Glardon. L’établissement dispose de quelques chambres, de 7 hectares de terrain et d’une plage privée. Tout ce que recherchent ceux qui souhaitent éviter les attroupements au bord de la piscine et les petits-déjeuners masqués.

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Un succès qui s’explique facilement mais qui reste à nuancer, selon Gilles Henry, responsable de la parahôtellerie à l’Office du tourisme de Neuchâtel: «Il est vrai que les chambres d’hôte et les campings sont relativement bien remplis. Par contre, la situation est plus difficile dans les hébergements collectifs.» Si les dortoirs des auberges de jeunesse attirent peu, le secteur parahôtelier semble malgré tout vivre sous de meilleurs augures que les hôtels. Pas encore de statistiques officielles pour lui mais, sur le terrain, Cindy Maghenzani confirme: «La parahôtellerie marche très bien et les campings sont pleins à craquer.»

Centres urbains boudés

Cette volonté des vacanciers de s’éloigner du virus et de ses risques pousse à gagner montagne et campagne. A l’instar de Genève, les villes dépendant du tourisme d’affaires et de la clientèle étrangère sont touchées de plein fouet. En juin, le canton a enregistré 46 048 nuitées contre 310 000 à la même période l’année dernière. Bâle et Zurich subissent le même phénomène. «Contrairement au Valais ou aux Grisons, Genève peine à attirer les touristes avides de calme et de grands espaces après le semi-confinement, confie Adrien Genier, directeur général de Genève Tourisme. Malgré une campagne intensive démarrée à la mi-avril déjà, l’impact de la crise sur l’hôtellerie genevoise est catastrophique.» Pour la période de janvier à juin, Genève comptabilise un total de 615 800 nuitées, contre environ 1,5 million en temps normal.

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L’annulation des salons, congrès et autres conférences, de même que les quarantaines imposées aux Asiatiques, Américains ou Moyen-Orientaux ont par ailleurs des conséquences directes sur le profil de la clientèle. Dans les hôtels genevois, la proportion de Suisses est passée de 20% à plus de 50%.