La Suisse gagne deux rangs (de la 6e à la 4e place) et l'Australie cinq (de 12e à 7e). Tels sont les gros changements en tête du classement 2008 de la compétitivité des pays établi par l'IMD.

L'intérêt particulier de cette 20e édition du rapport qui englobe 55 économies est pourtant ailleurs - dans son regard rétrospectif sur deux décennies. Ainsi, il est fascinant de voir que le Japon, pays le plus compétitif en 1989, ne figure plus qu'au 22e rang en 2008. Cinquième il y a vingt ans, l'Allemagne a perdu 11 places. Pendant ce temps, deux micro-Etats asiatiques, Singapour et Hong Kong, se sont solidement accrochés en tête du classement, et dix autres pays émergents ont pris place parmi les trente premiers.

Gérer la prospérité

L'autre évolution fondamentale concerne la notion même de compétitivité. «Il y a vingt ans, elle reposait surtout sur les budgets, les exportations, la croissance, explique le professeur Stéphane Garelli, directeur du Centre d'études sur la compétitivité. Depuis, les critères de qualité de vie et d'environnement ou les systèmes de valeurs ont régulièrement gagné en importance. Aujourd'hui, nous définissons la compétitivité comme la façon dont un pays gère l'ensemble de ses ressources et de ses compétences pour augmenter la prospérité de sa population.»

Pour maintenir cette prospérité, l'IMD a tiré de ses observations dix «règles d'or» que les gouvernants pourraient graver sur leur bureau. La première est de créer un environnement légal et administratif stable et prévisible. La deuxième consiste à assurer la transparence et la responsabilité de l'administration ainsi que la facilité de faire des affaires. La troisième est d'investir sans répit dans les infrastructures économiques (énergie, transports) et sociales (éducation, santé, retraites).

C'est là que le cocorico helvétique de 2008 doit être relativisé. Ainsi que le souligne Stéphane Garelli ci-dessous, la Suisse peine, comme d'autres pays développés, à dépasser le train-train quotidien pour renouveler ses infrastructures. Parce qu'elles sont déjà là, on croit qu'une bonne maintenance et quelques extensions feront l'affaire. C'est compter sans le formidable effort de rattrapage des pays émergents, pour lesquels le fait de partir de zéro ou presque représente parfois un avantage.

Moins entreprenants

La Suisse est en revanche avantagée dans le classement par ses relations de travail productives (2e rang), une motivation des travailleurs élevée (2e également), les facilités du temps partiel et la politique fiscale. Dans l'autre sens, le vieillissement de la population est un handicap. Enfin, curieusement, la propension à l'esprit entrepreneurial recule fortement sur un an, ce qui s'explique peut-être par les premières retombées de la crise financière.

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