Les chances pour conclure les négociations du Cycle de Doha avant la fin de l'année se sont amenuisées un peu plus. Deux projets d'accord dans les dossiers clés - agriculture et produits industrialisés - déposés mardi sont peu différents des précédentes versions. «Il n'y a pas eu d'engagement», a regretté Don Stephenson, ambassadeur canadien qui a présidé le comité de négociations pour les produits industriels. Son projet d'accord est rempli d'une centaine de parenthèses, synonymes de points de divergences entre les membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Ce n'est guère mieux dans le dossier agricole. Par exemple, le texte ignore une récente proposition de la Suisse et du Japon qui voudrait inclure une clause contre la restriction volontaire des exportations des produits alimentaires. Pour l'ambassadeur néo-zélandais Crawford Falconer qui préside les négociations, des progrès sont encore possibles, «mais des décisions politiques devront être prises au niveau ministériel».

Résultat: s'ils le veulent bien, les diplomates commerciaux reprendront le fil la semaine prochaine. L'idée d'une conférence ministérielle en mai qu'avait avancé Pascal Lamy est définitivement enterrée. Juin est également exclu. Prises par l'Euro, les forces de l'ordre ne pourraient pas assurer la sécurité d'un tel événement à Genève.

Reste juillet. Ce serait la dernière chance. Passé l'été et surtout à trois mois des élections présidentielles américaines, il ne serait plus crédible de poursuivre les négociations. D'autant plus que les trois concurrents en lice (McCain, Obama et Clinton) ne cachent pas leur réserve à propos du libre-échange.

Les difficultés pour conclure un accord agricole viennent aussi du fait qu'en pleine négociation, les Etats-Unis viennent d'approuver la Farm Bill qui renouvelle les subventions pour les quatre prochaines années. En Europe, de nombreux dirigeants commencent à défendre la Politique agricole commune (PAC) qui est pourtant en contradiction avec les engagements pris dans le cadre du Cycle de Doha.

Pour Pascal Lamy, les deux projets d'accord présentés mardi montrent clairement où se situe la convergence et où des travaux sont encore nécessaires. «Ils offrent un tremplin vers une nouvelle étape cruciale. Nous nous rapprochons maintenant de la phase finale», affirme-t-il dans un communiqué.