Horlogerie

Chanel se rapproche du groupe Rolex

Le groupe de luxe français prend une participation dans la société Kenissi, partenaire de l’horloger genevois. Une usine verra le jour au Locle en 2021

Laconique, mais important. En onze lignes, le groupe de luxe français Chanel, en mains familiales, a provoqué lundi un petit tremblement de terre dans l’industrie horlogère suisse. Il a annoncé qu’il «prenait une participation dans la manufacture Kenissi».

A priori anodine, cette annonce prend tout son sens quand l’on sait que Kenissi est le bras industriel de Tudor, deuxième marque du groupe Rolex. Cette nouvelle concrétise donc un rapprochement entre deux des acteurs indépendants les plus importants de l’industrie mondiale du luxe.

«Chanel continue à renforcer sa position d’acteur de l’horlogerie de prestige en prenant une participation dans Kenissi, nouvelle manufacture suisse de mouvements automatiques», écrit simplement le groupe de la famille Wertheimer, sans donner ni chiffres ni détails. La manufacture Kenissi «propose aujourd’hui une gamme de calibres de haute performance et de grande robustesse», ajoute Chanel.

Le «projet Gemini»

Kenissi? Ce nom – qui, même chez les initiés, n’évoque quasi rien à personne – a fait surface en novembre dernier. A cette date, le groupe Rolex confirmait dans nos colonnes «mener un projet de construction» au Locle (NE). Le «projet Gemini», comme il a été surnommé par ses initiateurs, verra en fait naître une usine d’environ 150 mètres de long divisée en deux parties. L’une pour Tudor, l’autre pour Kenissi. «Actuellement basée à Genève, Kenissi déménagera dans un nouveau bâtiment au Locle en 2021», écrit Chanel.

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Selon nos informations, c’est l’ancien vice-président de Breitling Jean-Paul Girardin qui sera chargé de la gestion de l’usine et, plus largement, de Kenissi. Il était injoignable lundi.

Le fondateur et actionnaire majoritaire de Kenissi est, quant à lui, un mystérieux industriel indépendant qui fournit notamment tous les plus gros groupes horlogers en glaces saphir. Ces dernières années, c’est lui qui a œuvré dans la plus grande discrétion pour que l’entreprise se dote d’un solide outil industriel. Un outil permettant notamment de fournir les mouvements mécaniques que la marque Tudor a lancés en 2015.

Deux ans plus tard, ces mêmes mouvements se retrouvaient aussi à l’intérieur de certaines montres Breitling. Et, dès la prochaine foire de Bâle, ce calibre fera également battre le cœur d’une nouvelle montre de Chanel, selon le communiqué de lundi.

L’annonce de Chanel permet d’imaginer que Kenissi n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Et pourrait à l’avenir proposer son mouvement mécanique à encore plusieurs acteurs différents de l’industrie horlogère. Ce qui en ferait un concurrent direct pour des fabricants de mouvements comme ETA (Swatch Group) ou Sellita.

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