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investissements durables

Changement climatique: des solutions existent pour les investisseurs

Quatre grandes options permettent à l’investisseur d’intégrer cet enjeu dans une stratégie d’investissement à long terme

Climat: des solutions existent

Réchauffement Quatre grandes options permettent à l’investisseur d’intégrer cet enjeu dans une stratégie d’investissement à long terme

Le réchauffement climatique n’est globalement pas une bonne nouvelle pour les investisseurs. Le dernier rapport du GIEC prévoit une augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles qui représentent un risque significatif sur le plan humain et économique. Hasard ou coïncidence, les perturbations climatiques ont eu pour la deuxième année consécutive un impact négatif sur la croissance des Etats-Unis au premier trimestre.

Un nombre croissant d’investisseurs s’en inquiète. En septembre dernier, 360 fonds de pension et sociétés de gestion, dont Pictet Asset Management, ont appelé les gouvernements à signer un accord global visant à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés d’ici à la fin du siècle. Certains pays ont déjà fait part de leurs ambitions: -40% à l’horizon 2030 pour l’Union européenne, -28% d’ici à 2025 pour les Etats-Unis et -50% pour la Suisse qui fait pour l’instant figure de leader. Au total, 36 pays représentant près de 35% des émissions globales ont déjà communiqué leurs engagements mais il est loin d’être clair si les réductions annoncées seront suffisantes.

En cas d’accord sur le climat, la pression sur les énergies fossiles, principale source de gaz à effet de serre, va s’intensifier. En cas d’échec, c’est un scénario d’adaptation aux bouleversements climatiques qu’il faudra privilégier. Face à cette incertitude, quelle attitude adopter? L’IIGCC, une association regroupant une centaine d’investisseurs institutionnels européens autour de la question climatique, a récemment publié un guide présentant quatre grandes options pour intégrer cet enjeu dans une stratégie d’investissement de long terme.

– Réduire l’empreinte carbone de ses investissements. Cela peut se faire en limitant son exposition aux secteurs et entreprises fortement émettrices, comme les centrales à charbon, le ciment ou l’acier. Une autre approche consiste à réduire son exposition aux entreprises dont les réserves d’énergies fossiles, tels le charbon et les hydrocarbures non conventionnels, sont susceptibles de devenir inexploitables si des réglementations sont mises en place. Le fonds souverain norvégien a récemment annoncé avoir réduit de moitié son exposition aux producteurs de charbon.

– Accroître son exposition à la transition énergétique. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les investissements dans les énergies renouvelables et les économies d’énergie devraient atteindre 2300 milliards de dollars par an d’ici à 2035. L’éolien et le solaire peuvent déjà concurrencer sans subside les énergies fossiles dans de nombreuses régions du monde, mais des avancées sont encore requises dans le stockage de l’énergie. Les investisseurs ont plusieurs options: actions cotées, projets d’infrastructure ou obligations vertes, dont près de 40 milliards de dollars ont été émis en 2014 mais qui doivent encore gagner en standardisation.

– Limiter son exposition aux aléas climatiques. Sont ici visés les actifs dont le retour sur investissement pourrait devenir plus volatil (par exemple en raison d’une plus grande variabilité du climat) ou dont l’existence même pourrait être menacée (par exemple dans des zones inondables). Cela nécessite une revue des actifs détenus en fonction de leur localisation et/ou de leur niveau de dépendance à d’autres activités à risque.

– Accroître son exposition aux solutions d’adaptation telles que les infrastructures de traitement et de distribution d’eau ou les systèmes de protection aux aléas climatiques. Les besoins d’investissement sont estimés à 100-500 milliards de dollars par an à l’horizon 2050 selon les sources et offrent des opportunités dans le cadre de partenariats public/privé, notamment dans les pays émergents.

Le poids donné à ces quatre leviers dépend des convictions de chaque investisseur sur les scénarios politiques et énergétiques du futur. Quelle que soit l’issue de la conférence de Paris, deux certitudes demeurent: l’ère de l’énergie bon marché semble bel et bien révolue et les aléas climatiques nécessiteront des efforts importants d’adaptation. Autant de raisons pour engager dès à présent une réflexion stratégique sur les investissements à faire et à éviter.

* Expert en durabilité, Pictet Asset Management

Le poids donné à ces quatre leviers dépend des convictions de chaque investisseur sur les scénarios

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