Plus ancien patron en exercice d’une entreprise suisse de télécommunication, M. Wetter, qui fêtera bientôt ses 60 ans, rejoindra le conseil d’administration à la même date, a précisé vendredi la filiale suisse de l’opérateur contrôlé par France Télécom. Il y prendra le fauteuil présidentiel actuellement occupé par Hans Jürg Schürmann.

Le patron sortant effectuera par ailleurs différents mandats d’administrateur et exercera des fonctions stratégiques au sein du groupe Orange France Télécom. Premier patron d’Orange Suisse, M. Wetter a dirigé l’opérateur établi à Renens (VD) à compter de son arrivée sur le marché helvétique en juin 1999. Orange Suisse a été la première société du groupe fondée hors Angleterre.

«Ce changement était mon choix», a dit M. Wetter dans un entretien accordé à l’ATS. Lorsque Olaf Swante a repris il y a deux ans la direction du groupe Orange, «je lui ai dit qu’il ne pourrait pas compter sur moi en tant que directeur jusqu’au moment de ma retraite».

Le départ de M. Wetter ne constitue pas pour autant une grande surprise, celui-ci ayant déclaré dans une interview qu’il n’occuperait plus de fonctions exécutives dans les cinq prochaines années, étant désireux de se concentrer sur des tâches d’accompagnement. Mais pour lui, pas question de quitter Orange, «son bébé».

Avant de prendre la direction de l’opérateur, M. Wetter a exercé la même fonction au sein de la chaîne d’électronique de loisirs Radio TV Steiner. Sous la houlette de son patron, Orange a fortement élargi sa palette d’offres, complétant la seule téléphonie mobile par les services ADSL et les télécommunications fixes. L’opérateur compte actuellement 1,6 million de clients.

Reste qu’Orange, tout comme le numéro deux suisse Sunrise, voit sa part de marché stagner depuis quelque temps à près de 20% dans la téléphonie mobile. L’opérateur historique, Swisscom, est parvenu à défendre sa forte position depuis la libéralisation, avec une part de 60%.

Et les trois opérateurs se trouvent tous confrontés depuis quelque temps à la baisse des prix. Même s’ils parviennent à s’attacher de nouveaux clients, leur chiffre d’affaires se replie.

L’an passé, Orange Suisse, numéro deux helvétique de la seule téléphonie mobile, a dégagé un chiffre d’affaires de 1,308 milliard de francs, en recul de 2,3% par rapport à 2007. Et pour cette année, M. Wetter table sur un nouveau tassement. A fin 2008, l’opérateur employait 1035 personnes (équivalents plein temps).

A cette érosion, s’ajoute désormais la crise économique. Même si Orange en ressent les effets au niveau de la consommation des clients privés, M. Wetter estime que cette phase offre aussi des opportunités, notamment pour chasser du côté de la clientèle commerciale de Swisscom. Des entreprises qui cherchent aussi à réduire leurs coûts.

Agé de 47 ans, le futur patron d’Orange Suisse dispose d’une expérience de plus de 20 ans dans le secteur des technologies de l’information. Il occupe actuellement la fonction de vice-président exécutif (Executive Vice President) chez le fabricant d’ordinateur Fujitsu-Siemens. Il assume entre autres la responsabilité des marchés européens.

M. Sieber est responsable de l’ensemble des affaires européennes du groupe. Il a été membre de conseils d’administration et de surveillance de plusieurs sociétés de Fujitsu-Siemens en Allemagne, en Russie et en Suisse.