Un accord a été trouvé en ce sens avec le conseil de surveillance de Porsche, selon un communiqué. M. Wiedeking, réputé le patron le mieux payé d’Allemagne, va toucher une indemnité de départ de 50 millions d’euros, dont la moitié doit aller à une «fondation sociale», selon la même source. Les deux dirigeants, artisans de la stratégie du rachat de Volkswagen par Porsche, font ainsi un geste pour permettre «l’apaisement de la situation» et favoriser la création d’un «groupe automobile intégré», selon le communiqué.

Wendelin Wiedeking sera remplacé à la tête des activités automobiles de Porsche par l’actuel chef de la production Michael Macht, 48 ans, présenté dans la presse comme une figure de compromis. Cette annonce, attendue depuis plusieurs jours, a été prise à l’occasion d’une réunion extraordinaire du conseil de surveillance de Porsche, entamée mercredi soir près de Stuttgart et qui s’est prolongée toute la nuit.

Augmentation de capital

Auparavant, l’organe de contrôle avait donné au directoire le feu vert pour boucler les négociations avec l’émirat du Qatar, qui veut prendre une participation au capital de Porsche et pour lancer une augmentation de capital d’au moins 5 milliards d’euros. Ces deux mesures doivent permettre au créateur du coupé 911 d’éponger, du moins en partie, ses dettes d’environ 10 milliards d’euros et de préparer un rapprochement entre Porsche et Volkswagen, dont il détient près de 51%.

Le conseil a ainsi suivi, du moins dans les grandes lignes, un plan préparé par M. Wiedeking. Mais sa position était devenue intenable, tant il était au cœur de la guerre de clans qui faisait rage depuis de nombreux mois entre Porsche et VW et au sein de la famille Porsche-Piëch, propriétaires à 100% de Porsche SE.

A l’origine, c’est Porsche qui devait prendre le contrôle total de VW en acquérant 75% du capital, pour pouvoir accéder notamment à son imposante trésorerie. Mais en mai dernier, le constructeur de voitures de luxe a dû admettre son échec, sur fond de crise financière et de chute des ventes automobiles, et préparer un grand groupe intégré avec les deux constructeurs.

Indemnité contestée

Reste que M. Wiedeking pourrait encore être au cœur d’une polémique, avec son indemnité de départ de 50 millions d’euros, pour un salaire estimé l’an passé à 80 millions d’euros, selon une source proche de l’entreprise. Dans une déclaration séparée, M. Wiedeking a tenu à préciser que son choix d’en dédier une large part à des œuvres charitables était lié à des «raisons personnelles et à (sa) responsabilité vis-à-vis de la société». Il va notamment créer une fondation à Stuttgart pour soutenir un développement «socialement juste» des sites de production de Porsche, en coopération avec les comités d’entreprise. Il va aussi donner 1,5 million d’euros à des fondations de soutien aux journalistes dans le besoin.