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Maria Luz-Vega: «Je suis optimiste. Les humains ont toujours surmonté ce type de transformation.»
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Emploi

«Tout changement génère une certaine panique»

La révolution 4.0 et la robotisation sont souvent perçues comme une menace pour l’emploi. Pour mieux comprendre les enjeux liés à ces phénomènes, Maria Luz-Vega, coordinatrice de l’unité «Avenir du travail» à l’Organisation internationale pour le travail répond aux questions de Marianne Aerni, présidente du Cercle des administratrices et conseillère stratégique auprès de la direction HEG-Genève

Cet article fait partie de l’édition spéciale «Les femmes font Le Temps», écrite par une cinquantaine de femmes remarquables, et publiée lundi 6 mars 2017.


Marianne Aerni: La robotisation provoque beaucoup d’inquiétude, et certains parlent de la fin de l’emploi, qu’en pensez-vous?

Maria Luz-Vega: Tout changement génère une certaine panique. Lors de la révolution industrielle, un mouvement appelé les luddites avaient par exemple «brûlé les machines», par crainte de perdre leur emploi et leur mode vie. Au cours du XXe siècle, l’évolution technologique a conduit à plusieurs reprises déjà à ce type de crise. La peur face aux robots a la même origine, elle est liée à la nature humaine qui craint l’inconnu. Mais par le passé ces crises ont finalement toujours généré de nouveaux emplois liés à de nouveaux modes de production. Le changement n’est pas toujours destructeur.

La différence aujourd’hui, c’est la vitesse de ce changement, une vitesse que nous n’avons jamais connue. Dès lors, tout va dépendre de notre capacité de réaction et d’adaptation, ainsi que des mesures prises. Il est donc trop tôt pour juger si les circonstances actuelles auront un impact réellement négatif ou non à moyen et long terme. Personnellement, je suis optimiste. Les humains ont toujours surmonté ce type de transformation. La question c’est la proportion de personnes qui «resteront sur le bord du chemin», c’est cela qui inquiète.

– En quoi consiste cette transformation du travail?

– Cette transformation est liée à plusieurs facteurs, bien au-delà des robots et de l’évolution technologique, avec des changements sociaux importants. Au niveau démographique par exemple, avec l’allongement de l’espérance de vie, ou au niveau du climat, avec certains Etats, côtiers par exemple, qui disparaîtront et des travailleurs qui devront migrer. Tous ces changements auront un impact majeur sur notre mode de vie.

– Quelles mesures devraient être prises pour s’adapter à ces changements, notamment pour réduire la proportion de laissés-pour-compte?

– Il s’agit surtout de repenser l’Etat social. Choisirons-nous d’assurer une protection universelle, basée sur le principe de solidarité à la Bismarck ou alors entrerons-nous dans un système totalement individualiste? La capacité à reconvertir les personnes qui auront perdu leur emploi est aussi importante. Le domaine de la santé et la «care economy» se développeront et absorberont une grande partie de travailleurs. L’adaptation aux changements climatiques et la préservation de l’environnement devraient également générer de nouveaux emplois dans le secteur primaire.

– Quel est le rôle de l’OIT?

– Traditionnellement, l’OIT fournit une assistance au niveau normatif et technique dans le domaine du travail. Aujourd’hui, face à ces transformations, nous avons décidé de mener une réflexion plus globale pour déterminer des tendances et identifier des solutions.

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Les femmes font Le Temps

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