Héritant d’une économie en lambeaux, le président Barack Obama a ouvert plusieurs chantiers dès son installation à la Maison-Blanche. Il est trop tôt pour faire un premier bilan même si quelques signaux – desserrement du crédit, regain de confiance chez les consommateurs – montrent que le plancher est peut-être touché. Mais l’envers du décor n’est pas moins impressionnant: l’économie américaine a détruit plus de 1,3 million d’emplois depuis le changement de régime. Les prochains mois seront critiques pour la nouvelle administration qui affirme que les mesures prises finiront par remettre l’économie américaine sur les rails. Les voici:

Plan de relance

L’idée avait été lancée par l’administration Bush. Après son élection, mais bien avant son investiture, Barack Obama a pris l’initiative et a annoncé qu’un plan massif de relance était nécessaire pour faire face à la récession. Après plusieurs semaines de tergiversations, le Congrès et le Sénat ont approuvé des dépenses de 787 milliards de dollars en forme de rabais fiscaux pour la classe moyenne (1000 dollars par famille – une mesure qui touche 95% des foyers américains) et d’investissements dans les infrastructures (énergie, transport, communications). Ce plan devrait aider à créer 3,5 millions d’emplois. Ses opposants dénoncent son coût astronomique et l’explosion de la dette publique.

Secteur financier

Les premières mesures avaient été initiées par l’ancien secrétaire au Trésor Henry Paulson. En février, son successeur Timothy Geithner a annoncé un programme de partenariat public-privé visant à épurer les bilans des banques de leurs avoirs toxiques. Le gouvernement a prévu 350 milliards de dollars dans le «Troubled Asset Relief Program».

Budget

Barack Obama a présenté un budget de 3500 milliards de dollars pour l’exercice fiscal 2010 qui débute en octobre. Avec un déficit de 1170 milliards de dollars, ce budget finance de nombreux secteurs (santé, éducation, sécurité sociale, climat).

Immobilier

Timothy Geithner poursuit aussi les initiatives de l’administration Bush en rallongeant les engagements financiers à Freddie Mac et Fannie Mae de 100 à 200 milliards de dollars. Il prévoit également 75 milliards pour aider quelque 9 millions de propriétaires menacés d’expulsion à renégocier leurs prêts bancaires.

Régulation financière

Barack Obama ne veut plus de débâcles comme celle de Lehman Brothers, Bear Stearns et AIG. Dans ce contexte, il a pris les dispositions légales pour réguler le système financier, y compris pour se donner des moyens de prendre le contrôle des établissements en difficulté.

Automobile

Un plan d’aide à ce secteur, plus particulièrement General Motors et Chrysler, est prêt. En échange, le gouvernement exige une profonde restructuration.

Sur le plan international

Au nom d’une coordination internationale, Barack Obama a joué un rôle clé dans le succès du Sommet du G20, groupe de pays industrialisés et émergents, qui a renforcé la surveillance du système financier international.

En revanche, le président américain ne s’est pas prononcé clairement à propos du Cycle de Doha qui vise à libéraliser le commerce mondial. Il a tout de même fait barrage à la tentation protectionniste des démocrates américains et a promis que les Etats-Unis agiront dans le respect de leurs obligations internationales.