Pour la première fois depuis 2006, UBS a renoué avec les chiffres noirs sur l’ensemble d’un exercice. Et même si le bénéfice net de 7,16 milliards de francs en 2010 est ressorti dans le bas de la fourchette des prévisions des analystes, les marchés ont salué la publication des chiffres annuels du numéro un bancaire helvétique. En milieu de séance, le titre UBS gagnait 2,5% à 17,9 francs.

Le retour à un afflux positif d’argent frais de 7,1 milliards entre octobre et décembre, qui succède à de timides entrées de fonds de 1,2 milliard au troisième trimestre, démontre que les clients reprennent confiance envers l’établissement qui avait subi des sorties de capitaux de plus de 147 milliards de francs sur l’ensemble de 2009.

De plus, les prévisions optimistes pour 2011 formulées par la direction d’UBS, qui s’attend à ce que les entrées nettes d’argent «se renforcent de manière sensible» cette année, ont aussi largement contribué à rassurer les investisseurs.

Reste que ces résultats sont loin d’être «entièrement satisfaisants », de l’aveu même Oswald Grübel lors de la conférence de presse tenue ce matin. La banque d’investissement en particulier devra encore «améliorer significativement» ses résultats, affirme son directeur. Certes, la division qui a été responsable de pertes de plus de 50 milliards de francs entre 2007 et 2009, est désormais bel et bien sortie de l’ornière. Néanmoins, elle devra encore démontrer que son modèle d’affaires est rentable sur la durée.

Après un troisième trimestre déficitaire, la deuxième plus grande unité d’UBS n’a dégagé qu’un faible résultat avant impôts de 75 millions de francs durant les trois derniers mois de 2010, largement inférieur aux attentes du consensus des analystes.

Sur l’ensemble de l’année, l’unité de banque d’affaires qui emploie près de 17 000 collaborateurs a réalisé un résultat avant impôts de 2,17 milliards de francs, pour des charges de personnel qui ont culminé à 6,75 milliards.

En comparaison, la division qui chapeaute les activités de gestion de fortune et de banque de détail («Wealth Management & Swiss Bank ») a, elle, dégagé un résultat avant impôts deux fois plus élevé, de 4,1 milliards, tout en maintenant ses charges de personnel à 4,8 milliards, soit presque un tiers de moins. Au final, la division de banque d’affaires affiche un ratio coûts/revenus qui avoisine les 82%, contre seulement 63% pour les activités de gestion de fortune et de banque de détail.

Dans ce contexte, UBS devra faire des choix: soit réduire ses coûts ou alors renoncer à certaines activités de banque d’affaires. John Cryan, le directeur financier d’UBS, ne dit rien d’autre lorsqu’il déclare, en marge de la présentation de mardi, que des «décisions difficiles» devront être prises si les revenus n’augmentent pas à nouveau dans certaines activités de la banque d’affaires.