Charles Vögele, dont Migros détient 25%, aura besoin de plusieurs années pour remonter la pente. Mais il a atteint son objectif minimum pour 2012, «arrêter l’hémorragie», selon un communiqué publié vendredi. En termes financiers, cela s’exprime par un cash-flow libre positif. Ce critère montre que le flux de trésorerie est positif et permet de faire face aux échéances de la dette. Mais au deuxième semestre, il est resté plus faible qu’au premier. Et l’objectif n’a été obtenu qu’au prix d’une réduction des dépenses d’investissement. A la suite d’une amélioration de 172 millions de francs en 2012, il s’est élevé à 15 millions de francs.

Le groupe de 6700 employés pour 812 magasins a indiqué qu’il renvoyait au 16 avril sa ­conférence de presse de résultats prévue la semaine prochaine. De plus, il évalue un possible retrait d’Europe de l’Est «afin de réduire la complexité» de l’organisation.

L’expansion à l’Est remonte à 2005. Le groupe est présent en Pologne, en République tchèque et en Hongrie. Il réalise un chiffre d’affaires total de 272 millions dans les pays de l’Est (2011).

La bourse n’a pas apprécié les innombrables promesses non remplies par Vögele. La crédibilité est sérieusement entamée. L’action a perdu près de 90% en bourse depuis 2007. Le groupe ne vaut plus que 140 millions de francs en bourse alors que son chiffre d’affaires approche le milliard de francs. L’action a légèrement baissé hier après le communiqué. Au cours actuel, la société vaut à peine plus que son portefeuille immobilier, selon Bilanz. Des investisseurs prestigieux ont cru au retournement du groupe, notamment le fonds Classic Global Value, des gérants Braun, von Wyss & Müller, ainsi que Sterling Drug (Tito Tettamanti).

Les premiers résultats de 2012 sont moins pires que prévu, mais «une hirondelle ne fait pas le printemps», selon un analyste de la Banque Sarasin. Charles Vögele a enregistré une perte de 119 millions en 2011 et l’amélioration du résultat net devrait rester modeste en 2012. La sortie des chiffres rouges est prévue pour 2013 par les analystes.

Au printemps 2012, le groupe d’habillement avait changé presque entièrement le conseil d’administration, ne conservant que Hans Ziegler. Ce spécialiste des retournements d’entreprise (OC Oerlikon) a été appelé à la rescousse par Tito Tettamanti. Depuis lors, la stratégie a été complètement modifiée. Adieu à Penelope Cruz et à l’acteur allemand Til Schweiger comme porte-parole de la marque! Adieu également à André Maeder, le patron mis à la porte en septembre 2011. De plus, la clientèle cible a été redéfinie sur les plus de 40 ans.

Hans Ziegler, au conseil d’administration, et Frank Beeck, à la direction, forment le duo censé mener le bateau vers des eaux plus calmes.

Le chiffre d’affaires s’est réduit de 4,4% en 2012, à 972 millions de francs. C’est mieux qu’en 2011 (-15%), mais c’est loin d’être satisfaisant. Le bénéfice d’exploitation (EBITDA) s’est amélioré de 4 millions de francs, mais il est demeuré négatif de 17 millions de francs. Toutefois, au deuxième semestre, l’amélioration s’est élevée à 30 millions par rapport au premier.

Un retrait d’Europe de l’Est est possible «pour réduire la complexité de l’organisation»