Le groupe Mövenpick a acquis, mercredi, la société Chateau Crème Delight en Nouvelle-Zélande pour un montant inconnu, volontairement non dévoilé par les deux parties. «C'est un pas important pour nous, a expliqué Bruno Schöpfer, le patron du groupe, lors de la conférence de presse organisée, jeudi, à Regensdorf. Notre société devient chef de file avec près de 70% de part de marché dans les glaces Super Premium. Cela nous procure aussi une ouverture sur l'Australie et le continent asiatique.» Le groupe a investi en Asie la majorité des 40 millions consacrés à son expansion en dehors de l'Europe. Son objectif est d'y doubler, cette année, son chiffre d'affaires à 100 millions de francs. Le groupe s'attaque à l'Asie, encore peu exploitée par d'autres entreprises, ce qui n'est pas le cas du marché américain déjà très encombré. «Nous sommes encore trop petits pour les Etats-Unis, précise Christian Bretscher, porte-parole. Pour y réussir, il faut les reins solides et surtout consacrer de lourds investissements en publicité et marketing.» Outre cette annonce, Bruno Schöpfer a décliné les résultats branche par branche du groupe avec un regard plutôt tourné vers l'avenir. Surtout que du point de vue des chiffres, il est difficile de faire des comparaisons avec les années précédentes. Par exemple, le bénéfice net s'est inscrit en 1999 à 37,6 millions de francs. Un résultat qui peut paraître bien ridicule face aux 264,6 millions de francs engrangés il y a deux ans. L'explication est simple. La vente de la société italienne Autogrill a gonflé le bénéfice net de 1998. Quant au résultat d'exploitation, il est passé à 18,7 millions contre moins 2,6 millions en 1998. Même si la marge opérationnelle de 2,16% est encore insuffisante, Bruno Schöpfer a souligné que «le pire était passé». Il s'est appuyé sur le résultat opérationnel qui a bondi de 75%, soit 14 millions de francs, pendant le second semestre de 1999, et sur le chiffre d'affaires qui s'est accru de 8% au premier trimestre. Sur l'ensemble de l'exercice 1999, le chiffre d'affaires – sans les sociétés sous licence – s'est amélioré de 10,5% à 1,26 milliard de francs.

Restaurant du Cendrier: 2,5 millions de rénovation

La structure bien particulière de Mövenpick, qui s'occupe de gastronomie, d'hôtellerie, d'alimentation ou encore de commerce de vin a aussi été évoquée. Aucun plan n'est prévu, pour le moment, en ce qui concerne une éventuelle séparation, vente ou mise en Bourse de l'une ou l'autre de ces activités. Le baron August von Finck, l'un des puissants actionnaires du groupe n'a, d'après Bruno Schöpfer, posé aucune condition, ni pression en ce sens. Les unités ont toutefois été, l'an dernier, transformées en secteur indépendant du point de vue comptable. Ainsi, le domaine «Gastronomy» a affiché un chiffre d'affaires en recul de 444,4 millions contre 465,8 en 98. Quatre nouveaux concepts de restaurant sont en développement. Par exemple, le restaurant Mövenpick de la rue du Cendrier à Genève fait partie de la catégorie classique. «Nous avons investi 2,5 millions de francs dans sa rénovation, souligne Martin Rinck, directeur du secteur restaurant. A la Fusterie, les travaux devraient commencer d'ici à la fin de l'année ou au début de 2001.» Le groupe prévoit en outre d'ouvrir d'autres restaurants, notamment au bord des autoroutes helvétiques. «Nous le faisons toujours en collaboration avec une compagnie pétrolière», assure Martin Rinck. Le groupe confirme qu'il est prêt à postuler pour l'aménagement de l'aire de repos à Bavois, sur le tronçon Lausanne-Yverdon. Dans son secteur hôtelier aussi, l'enseigne à la mouette orange prévoit de doubler son portefeuille dans les trois à cinq prochaines années. Le groupe a, dit-il, pu profiter de la reprise du tourisme en Egypte. Le chiffre d'affaires s'est apprécié de 26,7% à 450 millions de francs.