De Politico à Quartz en passant par Bloomberg et Fox, les médias s’attendent à la nomination imminente de l’économiste conservateur Kevin Hassett au poste de chef du Conseil des conseillers économiques de la Maison Blanche (CNA). «C’est un choix intelligent», commente Bloomberg, jeudi, en insistant sur l’étendue de ses domaines de compétences et de son profil politiquement correct («mainstream»). Ses prédécesseurs au CNA apprécient le choix de cet économiste, «non pas parce qu’ils partagent ses idées, mais pour la rigueur de son raisonnement économique», selon le média new-yorkais Vox.

Cette fonction de directeur du CNA a déjà été occupée par Alan Krueger, Ben Bernanke, Janet Yellen, Alan Greenspan et Joseph Stiglitz.

Trop optimiste sur la bourse

Kevin Hassett est notamment connu pour avoir signé, avec James Glassman, un ouvrage très haussier sur les actions en 1999 au sommet de la bulle internet (Dow 36 000). L’indice, malgré sa hausse, n’est qu’à 21 072 points. Les deux économistes avaient fait un pari. Si l’indice était plus proche de 10 000 que de 36 000 en 2009, ils feraient un don de 1000 dollars à l’Armée du Salut. Ce qu’ils firent, puisque le Dow n’a pas dépassé 10 428 à cette date.

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Ce directeur des études économiques du laboratoire d’idées American Enterprise Institute (depuis 2003) a été professeur à l’université de Columbia, puis membre de la recherche au sein de la Réserve fédérale, conseiller au sein des administrations de Bill Clinton puis de George W. Bush.

Le choix de Kevin Hassett pourrait surprendre dans la mesure où il est farouchement partisan du libre-échange alors que les choix économiques de Donald Trump sont protectionnistes. Le président a d’ailleurs nommé le professeur Peter Navarro, un ex-démocrate hostile aux déficits commerciaux, à la tête du Conseil du commerce national. Kevin Hassett a par exemple publié une étude qui rejette les subventions agricoles et les barrières commerciales dans les pays industriels.

L’effet positif de la baisse de l’impôt sur les entreprises

L’économiste est très favorable à une réduction du taux d’imposition des entreprises. Dans une étude de 2006, basée sur 72 pays et sur 22 années, il a d’ailleurs montré qu’une hausse de 1% de ce taux conduisait à une baisse de 1% des salaires. Dans une seconde étude sur le même thème, en 2010, la baisse des alaires a été ramenée à 0,5 à 0,6%.

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Quartz Media dresse le portrait de Kevin Hassett en se concentrant sur son scepticisme à l’égard de l’augmentation des inégalités. L’économiste estime d’une part que les inégalités ne sont pas en soi mauvaises, et d’autre part que les observations se limitent aux salaires et aux revenus avant impôts. On omet de prendre en compte les transferts sociaux.

Adversaire du plan de relance de Barack Obama, il estime qu’il faut intervenir pour limiter le chômage de longue durée. A cette fin, il propose, pour des raisons de coûts, que l’État engage lui-même ces personnes. Selon Vox, il s’est aussi fait l’avocat des programmes de travail partiel qui encouragent les entreprises à réduire le temps de travail, contre une subvention de l’État.