Le poste de responsable informatique pourrait-il échapper aux informaticiens? Le premier débat du Club des responsables informatiques bancaires (CRIB), organisé la semaine dernière à Genève et animé par Le Temps, a montré que les compétences pour ce poste dépassent aujourd'hui largement le pur savoir technique. «Celui-ci reste naturellement important. Mais les compétences informelles, les soft skills, deviennent de plus en plus centrales», a souligné François Clerc, du cabinet de chasseur de têtes SpencerStuart.

Avec les finances et les ressources humaines, l'informatique est un des départements dont l'activité concerne tous les salariés. Dans les services financiers, elle a une fonction spéciale car elle est l'un des moteurs de l'innovation. Par exemple, satisfaire le désir des particuliers fortunés de disposer du même service où qu'ils se trouvent sur la planète passe notamment par la technologie.

Le responsable informatique doit donc savoir animer ses équipes et maîtriser les systèmes que celles-ci mettent en place, mais il doit aussi comprendre la stratégie de l'entreprise, voire devenir un élément moteur de cette dernière, et savoir communiquer avec le reste de la direction.

La tendance est d'inclure le responsable de l'informatique dans le comité de direction, une configuration qui se trouve aujourd'hui dans un tiers des entreprises, selon François Clerc. Auparavant, il était souvent subordonné au directeur des finances. «L'informatique n'est pas simplement un service de support, mais un partenaire des autres métiers, qui a sa place dans le comité exécutif», a dit Michel Terrapon, responsable des ressources humaines chez Crédit Agricole (Suisse).

Philippe Julia, responsable chez IBM des services au secteur financier en Suisse romande, précise que siéger à la direction implique de comprendre l'environnement politique et le fonctionnement des autres membres de l'organe de direction. Cette compétence sociale n'est pas enseignée dans les écoles d'ingénieurs.

Futur chef des opérations?

Son rôle central dans le fonctionnement de l'entreprise et l'expérience du client face à cette dernière permet au responsable de l'informatique de se profiler pour le poste de directeur des opérations, selon Philippe Julia. Mariage entre opérations et informatique: HSBC Private Bank a choisi cette voie qui pourrait devenir une nouvelle tendance. La filiale de gestion de fortune du groupe britannique a créé un poste de responsable de la technologie et des services, a indiqué Rolf Frey, responsable des ressources humaines pour la Suisse, le Luxembourg et Monaco.

Mais attention, le poste de directeur informatique est exposé. Selon François Clerc, «à chaque fois que vous mettez un gros projet en production ou que vous devez redéfinir l'architecture des systèmes d'information, vous mettez la tête sur le billot».