La directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, a qualifié lundi de «fake news» les informations selon lesquelles elle aurait menacé de démissionner face à l’absence de progrès dans les négociations. «A propos de l’information selon laquelle je vais démissionner, je dis simplement que c’est une «fake news». C’est tout ce que j’ai à dire», a-t-elle déclaré, à l’occasion de la présentation des prévisions de croissance du commerce international. «Vous savez, j’aime mon travail. Nous commençons tout juste à travailler pour la 12e conférence ministérielle» qui doit se tenir du 30 novembre au 3 décembre à Genève, a-t-elle ajouté.

La semaine dernière, l’agence Bloomberg a assuré, citant sous couvert d’anonymat cinq responsables du commerce à Genève, que Ngozi Okonjo-Iweala avait menacé en privé de démissionner, face à l’absence de progrès dans les discussions à l’OMC. «Ne dépensons pas beaucoup d’énergie dans les «fake news». J’espère que les gens s’en tiendront aux faits à l’avenir», a-t-elle demandé.

Relancer les négociations

La Docteure Ngozi Okonjo-Iweala, qui a pris ses fonctions en mars, est la première femme et première Africaine à diriger l’institution basée à Genève. Deux fois ministre des Finances et cheffe de la diplomatie du Nigeria durant deux mois, elle a remplacé le Brésilien Roberto Azevedo qui avait quitté ses fonctions en août 2020, un an avant la fin de son mandat. La nouvelle cheffe de l’OMC est connue pour sa forte volonté et sa détermination, et beaucoup ont espéré que son arrivée à l’OMC puisse donner un véritable coup de fouet à l’organisation pour aider à relancer les négociations qui piétinent depuis des années dans plusieurs domaines.

Mais à deux mois de la conférence ministérielle, les divergences entre les pays persistent sur deux dossiers que Ngozi Okonjo-Iweala a mis en avant: les subventions favorisant la surpêche et la question des droits de propriété intellectuelle face au Covid-19. Aucune avancée n’a par ailleurs été constatée pour relancer le fonctionnement de l’organe de règlement des différends de l’OMC, dont la cour d’appel a été torpillée par l’administration de Donald Trump, qui était ouvertement hostile à l’organisation.