C’est la faute aux médias et aux investisseurs internationaux qui «ne comprennent rien». Mardi, le cheikh de Dubaï, Mohammad ben Rached Al-Maktoum, a pour la première fois pris publiquement la parole pour défendre son économie, ébranlée depuis l’annonce, la semaine dernière, du défaut de paiement de Dubaï World. «Faire l’amalgame entre Dubai World et le gouvernement de Dubaï est erroné», a-t-il déclaré. Avant d’ajouter: «Notre économie est aujourd’hui l’une des économies du monde les plus solides en raison de sa diversité, de ses grands moyens et d’une planification stratégique.»

Peu après, ce fut au tour du président de la fédération des Emirats arabes unis, le cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane, de prendre la parole pour rassurer les marchés: «Je tiens à rassurer tout le monde: notre économie est saine.» La bourse de Dubaï a tout de même clôturé sur une perte de près de 6%. L’agence de notation Moody’s a estimé la dette de l’émirat à 100 milliards de dollars, plus de 100% de son produit intérieur brut.

Les «soukouks» en question

Dans la nuit de lundi à mardi, Dubai World a par ailleurs annoncé une restructuration. «Le processus concernera uniquement Nakheel World et Limitless World», selon le communiqué. Par conséquent, DP World, troisième opérateur portuaire mondial, et Istithmar World and Ports, qui contrôle les investissements du groupe à l’étranger, ne sont pas touchés car ils «sont dans une situation financière stable».

«La valeur totale de la dette des compagnies concernées par le processus de restructuration s’élève à environ 26 milliards de dollars, dont environ six milliards relatifs aux soukouks de Nakheel», a encore précisé Dubai World. Le 25 novembre dernier, les autorités de l’émirat avaient annoncé leur intention de demander un moratoire de six mois sur le paiement de 3,5 milliards de ces obligations islamiques.