Le géant chinois de la chimie ChemChina a publié mercredi les résultats définitifs de son offre publique d’achat (OPA) sur l’agrochimiste suisse Syngenta, annonçant que 94,7% des actions avaient été apportées. Le groupe remplit ainsi la condition fixée pour que cette offre publique d’achat (OPA) soit considérée comme acceptée, qui exigeait qu’un minimum de 67% des actions Syngenta soient remises.

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Le rachat de l’agrochimiste bâlois Syngenta, actif aussi bien dans les semences que les produits de protection des cultures, tels que les herbicides et les fongicides, est la plus grosse opération jamais réalisée à l’étranger par un groupe chinois.

Repoussé à sept reprises

En février 2016, ChemChina avait proposé 43 milliards de dollars (38,4 milliards d’euros au taux actuel), auquel s’ajoutait un dividende exceptionnel de 5 francs suisses par action. L’offre avait été approuvée par le conseil d’administration. L’année précédente, les dirigeants de Syngenta s’étaient fermement opposés aux tentatives d’approche de son concurrent américain Monsanto.

L’opération, compte tenu de sa taille, a toutefois nécessité l’aval de nombreuses autorités de la concurrence. Le délai de clôture de l’opération a dû être repoussé à sept reprises en attendant toutes les autorisations alors que ce rapprochement a soulevé des questions quant aux répercussions pour le choix pour les agriculteurs.

Secteur en recomposition

Le rachat intervient en effet au moment où le secteur est en pleine recomposition, entre la fusion des américains Dupont et Dow et le rapprochement prévu de Monsanto avec l’allemand Bayer. Début avril, la Commission européenne, qui avait mené une enquête approfondie, a donné son feu vert sous condition, imposant la vente d’une partie de l’activité pesticide de ChemChina en Europe.

La Commission de la concurrence américaine (FTC) a de son côté exigé la cession de trois pesticides appartenant à Syngenta.