La coalition entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates, au pouvoir en Allemagne, a mis sur les rails mercredi soir la privatisation de la compagnie publique de chemins de fer Deutsche Bahn, en annonçant sa mise en Bourse partielle d'ici 2009.

A l'issue de négociations entre des représentants des Unions chrétiennes (CDU-CSU) et du Parti social-démocrate (SPD), le ministre des Transports, le social-démocrate Wolfgang Tiefensee, a annoncé cette privatisation partielle de la Deutsche Bahn (DB), qui devait encore être approuvée jeudi soir par les hauts représentants de la coalition gouvernementale.

Wolfgang Tiefensee a précisé vouloir mettre au point la loi de privatisation au premier semestre 2007, avec pour objectif une mise en Bourse avant la fin de la législature, à l'automne 2009. Le réseau ferré sera toutefois exclu de la privatisation. Son futur statut était le principal point de litige entre partenaires de la coalition.

L'opération de mise en Bourse est attendue depuis des années et le patron de la Deutsche Bahn, Hartmut Mehdorn, en a fait son cheval de bataille depuis presque sept ans. Elle s'apparente à un accouchement aux forceps: l'échéance n'a cessé d'être repoussée, d'abord parce que les résultats de la compagnie étaient jugés insuffisants, puis à cause de querelles politiques sur les modalités pratiques de l'opération. Pas plus tard qu'en fin de semaine dernière, on envisageait même un abandon pur et simple du processus de privatisation, selon des sources proches du gouvernement.

Controverses sur la dette et le réseau ferré

L'une des questions qui posaient problème était de savoir quel contrôle devait conserver l'Etat, en particulier sur le réseau ferré. Dans ce contexte, plusieurs modèles s'opposaient, modifiant plus ou moins fortement la structure du groupe. Harmut Mehdorn militait pour le maintien de l'entreprise telle qu'elle existe aujourd'hui (le modèle dit «intégré»), mais une partie de la classe politique, ainsi que les syndicats, s'opposaient à ce que l'Etat perde tout contrôle sur le réseau, dont le développement est financé essentiellement sur fonds publics.

Un autre point de controverse était apparu plus récemment, portant sur l'opportunité pour l'Etat de reprendre une partie des dettes de la DB, à hauteur de quelque 15 milliards d'euros. Une telle opération, qui rend l'entreprise plus attrayante pour d'éventuels investisseurs, était rejetée par le ministre des Finances, le social-démocrate Peer Steinbrück, et son parti.

Le patron de Deutsche Bahn et deux syndicats de transports ont salué jeudi cette privatisation partielle, qui selon eux respecte l'intégrité du groupe et garantit l'emploi.