Alors que les rendements des obligations de la Confédération restent négatifs et que la bourse suisse entame l’année sur une note fébrile, une question taraude les investisseurs en Suisse: où chercher le rendement sur le marché domestique? Et si la réponse consistait à activer la gestion passive?

La recherche académique récente a en effet permis d’identifier de nouvelles sources de rendements, dits facteurs, susceptibles d’améliorer les caractéristiques de performance du portefeuille. Les indices de référence à pondération factorielle concrétisent de telles avancées scientifiques en exploitant de manière systématique ces moteurs de rendement.

Les facteurs taille et «value»

Le lauréat du Prix Nobel Eugene Fama fut un des précurseurs de ce domaine de recherche avec ses travaux qui démontrent que les actions de petites entreprises (facteur taille) ou des actions sous-évaluées (facteur Value) surpassent le marché sur le long terme. Comment, dès lors, expliquer l’origine de ces facteurs? Certaines de ces sources de rendement peuvent être expliquées par des risques encourus, aussi nommées primes de risque, et d’autres sont souvent justifiées par des comportements irrationnels des investisseurs, dites anomalies. Ainsi, le facteur «Value» s’explique entre autres par le fait que la majorité des investisseurs a tendance à projeter dans le futur les piètres performances passées d’une entreprise et renforce donc sa sous-évaluation.

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Outre les facteurs «taille» et Value, cinq sources alternatives de rendement ont été découvertes et sont désormais reconnues. Il s’agit des facteurs «Momentum» (tendance systématique), «Residual Momentum» (tendance propre au titre), «Reversal» (renversement de tendance), «Low Risk» (actions à faible risque) et «Quality» (entreprises rentables).

Ces facteurs contribuent à mieux expliquer les différences de rendement entre les actions possédant des caractéristiques distinctes. De plus, ils permettent de mieux comprendre le succès des investisseurs phares de notre époque.

Trois facteurs clés pour Warren Buffet

Andrea Frazzini de la prestigieuse Stern School of Business et ses collègues ont par exemple montré en 2013 que l’alpha de Warren Buffet peut être expliqué en grande partie par les trois facteurs Value, Quality et Low Risk.

Mais quelle est donc la clé du succès? La réussite des stratégies de Warren Buffet, George Soros ou encore Peter Lynch réside dans la combinaison et diversification de ces facteurs afin d’exploiter leurs primes de façon optimale. En effet, bien que chacune de ces sources de rendement atteigne une surperformance face au marché à long terme, elles varient fortement dans le temps et peuvent subir de longues phases de sous-performance. A titre d’exemple, la stratégie basée entièrement sur le facteur Value a connu une phase de pertes substantielles pendant les années précédant la bulle internet et s’en est seulement remise plusieurs années après le krach. Afin d’éviter cette problématique, la combinaison intelligente de ces facteurs grâce à leur faible corrélation permet une surperformance solide.

Une telle constatation diffère de la méthode traditionnelle de pondération par la capitalisation boursière qui varie dynamiquement et de manière totalement aléatoire son exposition aux facteurs. Sur le marché des actions suisses, l’indice SPI Multi Premia® incarne ainsi l’approche indicielle multifactorielle qui combine les sept sources de rendement de façon optimale. La surperformance de l’indice par rapport à la version pondérée uniquement par la valeur marchande des titres est exemplaire.

Renforcer le cœur d’un portefeuille

Dans une perspective de stratégie d’allocation, les véhicules répliquant des indices multifactoriels viennent renforcer le cœur d’un portefeuille en lui transmettant des qualités supérieures que l’on croyait réservées à ses satellites. Ce type d’indice permet également de réduire le risque de concentration qui caractérise le marché des actions helvétiques: à fin janvier 2017, les trois plus grandes positions du SPI représentaient en effet quasiment la moitié de l’indice (47%), contre 10% dans le cas du SPI Multi Premia®. Par ailleurs, comme les coûts de réplication de tels indices sont faibles, ils offrent un potentiel de rendement actif pour une tarification passive.

Cette combinaison gagnante a déjà convaincu bon nombre d’investisseurs institutionnels et les indices sur stratégies de placement ont toujours plus la faveur de la clientèle privée. A la recherche du rendement, une partie des investisseurs suisses semble donc voir la réponse dans les investissements multifactoriels issus de la recherche académique.