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Les conditions-cadres se détériorent dans la prévoyance, selon Axa.
© Keystone/Gaetan Bally

Prévoyance

Chez Axa, la redistribution entre actifs et retraités atteint 499 millions de francs

Six semaines après le choc de la sortie de l’assureur de l’assurance complète, Axa qualifie son geste de définitif, même en cas de nette hausse des taux d’intérêt, et baisse les primes de 30%

Au sein des caisses de pension, le système d’assurance complète, qui couvre les risques de marché en plus de ceux de décès et d’invalidité, a connu ses heures de gloire entre 2008 et 2012, a expliqué à la presse mercredi à Zurich Thomas Gerber, responsable de la prévoyance au sein d’AXA Suisse. Les assureurs, qui à la différence des caisses de pension autonomes doivent garantir la couverture des risques à 100% en tout temps, profitaient de la hausse des obligations et ne souffraient pas de leur modeste part en actions.

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Les conditions-cadres se sont progressivement détériorées. Les prestations ont été réduites et le mécontentement des clients s’est accru, selon AXA. Des acteurs qui, comme Zurich Insurance, ont changé de modèle plus tôt présentent une nette croissance. Dès lors, à la surprise de tous les autres acteurs, AXA, qui compte 402 300 assurés actifs et 70 121 bénéficiaires de rentes, a annoncé le 10 avril sa sortie du modèle d’assurance complète. «Aujourd’hui la solution de prévoyance semi-autonome, qui ne couvre pas le risque des placements, est la meilleure pour nos clients», affirme Thomas Gerber. Le changement sera effectif au 1er janvier 2019. Les actifs seront transférés du bilan d’AXA Vie dans des fondations semi-autonomes. Dans le sillage de cette réorientation, les clients PME bénéficieront d’une baisse de prime de risque de 30%.

Une décision définitive

Pour Thomas Gerber, «il n’y a pas de retour possible, même en cas de hausse des taux d’intérêt». Sur le marché des solutions semi-autonomes, AXA sera leader avec 30% de part de marché. A l’évidence, le geste devrait permettre au groupe de suivre une politique de plus forte croissance. «Six semaines après l’annonce, 8000 clients PME ont déjà été approchés par le service externe. Ceux-ci sont convaincus de la sécurité de la nouvelle proposition, avec un taux de couverture de 111%» à fin 2017, indique le responsable. Un jugement définitif sur la réussite de l’opération n’est possible que dans trois ou quatre ans, ajoute-t-il. Mais la cession des risques pour les assurés actifs libère chez AXA aussi bien des avoirs de vieillesse que des réserves, dorénavant superflues.

Preuve de l’inadéquation des conditions-cadres actuelles, la redistribution non voulue entre les assurés actifs et les retraités a atteint 499 millions de francs en 2017 au sein du groupe, selon AXA. Certes, le montant était encore supérieur en 2016 (811 millions), mais l’amélioration n’est due qu’à la baisse du taux de conversion à 5% pour le surobligatoire (plus de 84 600 francs par an). Entre 2012 et 2017, la redistribution s’est élevée à 3,4 milliards de francs au total. De plus, la redistribution entre les assurés actifs et les nouveaux bénéficiaires de rentes a augmenté de 13% à 272 millions.

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Le résultat d’AXA dans la prévoyance professionnelle a reculé de 18% en 2017, à 176 millions de francs, et les recettes de primes de 4,5% à 6,6 milliards, a également indiqué la direction.

Le rendement des placements s’est limité à 2,1% (2,9% en 2016), le même que celui annoncé par Bâloise la veille. Ce rendement est déterminant pour la rémunération des avoirs de vieillesse (1% dans l’obligatoire et 0,5% dans le surobligatoire). Le contraste est frappant avec les solutions semi-autonomes, où la performance atteint 7,4%, ce qui permet de verser une rémunération de 1,5% dans l’obligatoire et 2% dans le surobligatoire.

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