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Chez Fiat, les derniers résultats de l'ère Marchionne seront excellents

Le groupe Fiat Chrysler annoncera cet après-midi des chiffres records, alors que la direction du groupe change

Le constructeur automobile Fiat Chrysler (FCA) doit publier mercredi des résultats trimestriels vraisemblablement record, les derniers de l'ère de Sergio Marchionne, qui a dû passer la main ce week-end en raison d'une grave détérioration de son état de santé.

C'est Mike Mainley, le nouveau directeur général du groupe depuis samedi, qui présentera les chiffres aux analystes et évoquera l'avenir du groupe, au côté du directeur financier, Richard Palmer.

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Un trimestre «jamais vu»

Une conférence téléphonique est prévue à 15h, heure suisse, dans une ambiance probablement chargée d'émotions. Sergio Marchionne devait quitter FCA courant 2019 mais a il subi des complications après une opération, qui l'ont laissé dans «une condition irréversible» selon la presse.

Le quotidien économique Il Sole 24 Ore s'attend à des résultats «records: un trimestre jamais vu dans l'histoire du groupe en terme de solidité financière, patrimoniale et de profitabilité».

FCA doit ainsi avoir porté à zéro sa dette nette industrielle, un immense défi puisque celle-ci s'élevait à 7,7 milliards d'euros fin 2014. Selon le consensus Factset Estimates, le chiffre d'affaires devrait atteindre 28,82 milliards d'euros (contre 27,92 milliards un an plus tôt), et le bénéfice net 1,299 milliard, contre 1,1 milliard au deuxième trimestre 2017.

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Jeep et Ram, relais de croissance

Mike Mainley dirigeait jusqu'alors Jeep, la pépite de FCA, et Ram (pick-up et vans). Sous sa conduite, le constructeur est passé de 337.000 Jeep vendus en 2008 à près de 1,4 million en 2017, et vise 1,9 million cette année. Selon Morgan Stanley, Jeep devrait représenter à lui seul près de 70% des profits de FCA cette année.

Pour les analystes, le choix de Mike Mainley apparaît cohérent avec la stratégie définie par Sergio Marchionne, qui a redressé et complètement remodelé le groupe durant ses 14 ans de règne.

Jeep et Ram sont les «principaux relais de croissance du groupe pour les cinq prochaines années», notent les experts de l'agence de notation S&P Global Ratings, en estimant que Mike Manley ne devrait pas «dévier de la stratégie annoncée».

Les doutes de Barclays

FCA a «une fondation solide», avec une expansion des marges à l'avenir qui reste «intacte», jugent les analystes de Barclays.

«Mais les qualités politiques et les capacités de conclure des marchés de Sergio manqueront au groupe alors que FCA fait face à l'incertitude liée aux droits de douanes, à une certaine agitation (dans ses usines) en Italie et à un paysage en constante évolution en Amérique latine», estiment-ils.

Déjà une démission

Première «mauvaise nouvelle» pour Mike Mainley «même si probablement attendue» selon les analystes: le responsable pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, Alfredo Altavilla, a démissionné lundi.

Cet Italien, qui travaillait en étroite collaboration avec M. Marchionne et était considéré comme un des hommes clés de FCA, faisait partie des autres successeurs pressentis, mais son manque d'expérience aux Etats-Unis l'a déservi.

Des investissements en vue

FCA compte doubler ses bénéfices dans les cinq prochaines années en développant en particulier les ventes de Jeep. Jeep, Alfa Romeo, Maserati, Ram et Fiat professional doivent représenter 80% des ventes en 2022, contre 65% en 2017.

Le groupe, qui selon les analystes a pâti d'un manque d'investissements, va investir 45 milliards d'euros dans les cinq prochaines années, dont plus de 9 milliards dans l'électrique.

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