La fin des ventes de cigarettes d’ici à 2035. Les récentes déclarations d’André Calantzopoulos peuvent paraître idéalistes. Ou d’un extrême cynisme, émanant du directeur général de Philip Morris International (PMI). Pourtant, c’est bien dans cette voie que s’est lancée la multinationale du tabac basée à Lausanne. Et les chiffres à fin septembre, publiés mardi après-midi, tendent à le démontrer.

En neuf mois, PMI a certes sorti de ses usines 473 milliards de cigarettes. Mais c’est 11% de moins que l’an dernier. A l’inverse, 54 milliards d’unités (+27%) desdits «produits à risques réduits» (RRP) ont été écoulées. Ils pèsent désormais 23% du chiffre d’affaires, contre 18% il y a un an. Iqos, le plus connu d’entre eux, est utilisé par 16,4 millions de personnes (12,3 millions en 2019). Mais il n’est désormais plus le seul RRP. En Russie et en Ukraine par exemple, la marque Lil, sa petite sœur au prix plus abordable, est lancée. Bien que bousculé par la pandémie, PMI résiste. Dans la liste des principaux risques auxquels le groupe pourrait faire face, le covid est toutefois omniprésent. Il complique les ventes dans les duty free et menace le bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement et de distribution.