Le conseil d'administration de Renault, consacré initialement à l'arrêté des comptes 2006, a vu son ordre du jour bouleversé mercredi pour faire un point sur la série de suicides au Technocentre de Guyancourt (Yvelines).

Cet établissement, qui regroupe 12000 salariés, a été le théâtre de cinq tentatives en deux ans. Une série dramatique qui a pris une brusque accélération depuis octobre 2006 avec la mort de trois salariés, la dernière remontant au 16 février.

Après une courte introduction sur le sujet, le président du conseil d'administration, Louis Schweitzer, a passé la parole au PDG de Renault Carlos Ghosn, qui s'est dit «très préoccupé» par la situation. «Renault n'a pas droit à l'échec, mais un salarié de Renault peut échouer», a déclaré le PDG, qui souhaite s'impliquer «personnellement» pour tenter de trouver des solutions à cette situation.

Sur le terrain, à la suite d'une rencontre entre le directeur du Technocentre, Michel Faivre-Duboz, et les organisations syndicales, plusieurs engagements oraux ont été pris.

Des mesures à court terme

D'abord, la direction avait lancé en septembre 2006 un programme pour généraliser le partage des bureaux. La direction avait souhaité optimiser le taux d'occupation des places de travail en demandant aux salariés de les partager au gré des absences. Ce projet devrait être gelé.

Ensuite, la direction s'est dite prête à former le management à la gestion du stress. «Il est important que la hiérarchie sache éviter de transférer son stress sur ses équipes», précise Gérard Blondel, délégué central CFE-CGC. Enfin, troisième piste à court terme d'amélioration: remettre le dialogue au cœur des processus de décision. Des mesures qui montrent une prise de conscience du problème mais risquent d'être insuffisantes si elles ne sont pas accompagnées d'actions de fond.