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La réouverture de la boutique Cartier à New York, en septembre 2016, a contribué à soutenir les résultats de Richemont dans la zone «Amériques»
© NIcholas Hunt / Getty Images

Luxe

Chez Richemont, la joaillerie sauve à nouveau les meubles

L’exercice décalé 2016/2017 du groupe genevois a été marqué par une chute du bénéfice de 46%. Mais aussi par les destins opposés des ventes de bijoux et de montres

«Une année inconfortable et compliquée.» Ce sont les mots employés vendredi par le président et plus important actionnaire de Richemont Johann Rupert, à l’occasion de la présentation des résultats annuels.

Il faut dire que le bénéfice net du groupe de luxe genevois s’est effondré de près de moitié (–46%) lors de son exercice 2016/2017 (clos fin mars) à 1,21 milliard d’euros (1,31 milliard de francs). Le propriétaire de la marque de luxe Cartier explique ce recul en partie par un bénéfice exceptionnel dégagé l’an dernier lors de la fusion de sa plateforme de vente en ligne Net-a-Porter avec le groupe italien Yoox.

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Le chiffre d’affaires a, lui, chuté de 4% à 10,65 milliards d’euros. Sans l’effet des rachats de stocks de montres auprès des détaillants, ce repli se serait limité à 2%. Dans le détail, ce sont surtout les ventes de montres qui ont souffert l’an dernier en chutant de 15%, à 4,3 milliards. Le salut est venu de la joaillerie, avec des ventes en progression de 7%, à 4,2 milliards d’euros. Les activités «cuir» et «instruments d’écriture» – portées notamment par Montblanc – ont également progressé.

Des trajectoires inversées

Ces différences de trajectoires se confirment au niveau des marges. Dans la division «Maisons horlogères», qui comprend IWC, Jaeger-LeCoultre, Panerai ou Baume & Mercier, la marge opérationnelle a baissé de 16,1% à 7,8% (à 10% sans tenir compte d’une charge exceptionnelle).

L’unité «Maisons joaillières» (Cartier, Van Cleef & Arpels) affiche elle aussi une rentabilité en recul, mais sa marge culmine encore à 28,4%. «Les rachats de stocks et les ajustements des capacités de production ont affecté la performance des Maisons horlogères et des montres Cartier au sein des Maisons joaillières», résume le groupe.

Pour rappel, Richemont a procédé à une restructuration fin 2016 avec la suppression d’environ 200 emplois à La Côte-aux-Fées (NE), à Genève et dans la vallée de Joux (VD). Le départ à la retraite de Richard Lepeu a également poussé Johann Rupert à repenser tout l’étage de son comité de direction. Depuis début avril, Georges Kern (ancien patron d’IWC) et Jérôme Lambert (Montblanc) ont ainsi pris les commandes d’une direction bicéphale.

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Interrogé sur ce remaniement vendredi matin, Johann Rupert s’est montré satisfait. «Tous deux étaient des choix évidents pour ces postes. Y a-t-il des conflits créatifs? Oui. Est-ce que cela existe dans toutes les entreprises? Oui. Je trouve qu’ils travaillent en très bonne harmonie.»

Eviter la surproduction

Richemont signale encore «des ventes solides» en Chine, en Corée du Sud et à Macao. En Europe, notamment grâce au Royaume-Uni, la chute des ventes semble se stabiliser, alors que la zone des Amériques affiche une croissance de 2% du chiffre d’affaires.

Le grand patron a par ailleurs assuré qu’il n’était plus question de produire à plein régime en n’étant pas assuré que la demande allait absorber l’offre. Une meilleure surveillance des marchés finaux est mise en place et «toute l’entreprise doit y être attentive» pour que de prochains phénomènes de surstockage puissent être évités, tout au moins atténués.

Johann Rupert se dit également curieux de savoir comment ses concurrents procèdent pour résoudre les problèmes d’embouteillages qui ont caractérisé la récente crise dans le secteur horloger. De son côté en tout cas, le problème semble réglé. Johann Rupert a précisé que le niveau du sell out (c’est-à-dire la vente aux clients finaux) était plus élevé que celui du sell in (la vente aux détaillants). «Ce n’est pas accidentel, c’est une stratégie.»

«Tout évolue trop vite»

Pour l’exercice en cours, l’homme d’affaires sud-africain s’est comme d’habitude refusé à tout pronostic. «Comment vont se comporter les devises? Que va faire le renminbi? Et l’euro? Est-ce qu’il y aura encore des attentats terroristes? C’est seulement en répondant à ces questions que l’on peut dire comment vont se porter nos ventes. Alors ne me demandez pas de faire des pronostics, tout évolue trop vite», a balayé Johann Rupert.

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