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Chez SGS, le franc fort cisaille les résultats

Le renchérissement du franc pèse sur les résultats 2014. Et une projection de la situation actuelle sur 2015 conduit à l’effacement de 60 millions de chiffre d’affaires et de 100 millions de marge bénéficiaire

Le franc fort cisaille les résultats de SGS

Inspection Une simulation sur 2015 réduit le résultat d’exploitation de 100 millions

«Very, very good.» Chris Kirk, patron de SGS, ne cache pas sa satisfaction à l’heure de commenter les résultats 2014, même si la force du franc a gommé les performances du leader mondial de l’inspection et de la certification. En chiffres: revenus à 5,883 milliards de francs en progression de 0,9% en francs mais de 5,4% hors effet de change; cash-flow opérationnel qualifié de «robuste» à 912 millions de francs (contre 948 millions en 2013); bénéfice net en hausse de 4,8% à 629 millions de francs; marge opérationnelle en recul à 16,1%.

Si les analystes financiers marquent dans leurs notes du jour quelques déceptions à l’égard des résultats annoncés, Chris Kirk, lui, salue la cuvée 2014 à l’heure de tirer sa révérence après neuf ans de direction (lire ci-dessous). Il ne tait pas les difficultés rencontrées. Notamment l’impact de la faiblesse des prix du pétrole, le repli de l’industrie minière mondiale qui pèse sur la division Mineral Services – la quatrième du groupe par la taille – ou les difficultés dans les activités de pêcherie en Amérique latine.

Un autre mal frappe. Année après année, la progression du franc érode la croissance de SGS à l’heure de présenter les comptes. Après la décision de la Banque nationale Suisse d’abandonner le taux plancher lié à l’euro, l’effet est devenu «considérable». La nouvelle directrice des finances, Carla De Geyseleer, a aussitôt pris la calculette. L’envolée du franc suisse, non seulement face à l’euro, mais aussi face aux dollars américain, australien et canadien, au yuan, à la livre ou au real brésilien entraîne, aux cours du 15 janvier dernier, une diminution d’environ 600 millions du chiffre d’affaires publié en 2014 et d’environ 100 millions du résultat d’exploitation ajusté, soit une perte de 11%. «C’est un impact considérable», dit Chris Kirk. Mais, s’empresse-t-il de préciser, «cela ne traduit pas une dégradation de nos activités dans 150 pays. Nous sommes en croissance et nous continuerons de croître.»

Sur ce point, Frédéric Potelle, analyste chez Bordier & Cie, est d’accord. «Le franc suisse n’a pas d’effet sur la marge des affaires de SGS, mais seulement sur la translation.» Comme pour les sociétés globales, l’impact négatif des monnaies – SGS travaille dans plus de 90 devises différentes – intervient uniquement au moment de la conversion des revenus locaux en francs suisses.

L’effet Swissness

Pour Chris Kirk, le franc fort ne remet pas en question le siège suisse de SGS. «Ce serait une erreur de perdre l’effet Swissness qui est attaché à notre présence à Genève.» Le siège restera (272 employés), mais la compagnie pourrait encore déplacer quelques opérations hors de Suisse si le franc devait rester fort. Cet élément mis à part, SGS affirme avoir une exposition limitée en termes de coûts en francs. En conséquence, elle ne prévoit pas d’autres répercussions des récentes fluctuations monétaires sur ses résultats.

Malgré un dividende en hausse de 4,6% à 68 francs, un nouveau programme de rachat d’actions de 750 millions de francs, le titre SGS a mal encaissé les annonces du jour. L’action, en clôture à 1660 francs, a perdu 5,3% à la bourse suisse.

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