Banque

Chez UBS, «la fierté est de retour»

Le nouveau patron de l’entité suisse d’UBS, Axel Lehmann, affiche sa confiance dans la capacité de la banque à conserver sa position de numéro un dans le pays. La numérisation sera le grand thème de la décennie à venir, assure-t-il également

De la modestie, surtout pas d’arrogance, et de la fierté. C’est avec ces trois mots en tête qu’Axel Lehmann veut piloter UBS. Il est le patron de l’entité suisse de la grande banque depuis début 2018. Trois mois après son entrée en fonction, il était de passage à Lausanne, mercredi, pour rencontrer ses employés puis trois médias romands, dont Le Temps.

Agé de 59 ans, l’ancien dirigeant de l’assureur Zurich, devenu ensuite directeur des opérations (COO) du groupe, a commencé par rappeler que sa banque reste bel et bien numéro un dans le pays. Elle y compte plus de 20 000 collaborateurs, dont environ 3000 en Suisse romande. Sur les 250 plus grandes entreprises helvétiques, 225 sont clientes, a-t-il aussi énuméré. Et plus de 120 000 PME ont une relation avec UBS, s’est-il félicité.

Une image restaurée

Dans la banque de détail, UBS a gagné 37 000 nouveaux clients en 2017. Une preuve, selon lui, que la banque a retrouvé la confiance du public, après des années difficiles marquées par les différentes affaires (subprimes, fiscalité, manipulation de cours…) dans lesquelles elle a été impliquée.

UBS a dû restaurer son image. Et à en croire Axel Lehmann, elle en tire désormais des bénéfices. Si bien qu’à l’interne aussi, «la fierté est de retour». Ceci, alors que certains de ses principaux concurrents traversent, eux, une période plus compliquée. Credit Suisse est en pleine restructuration, tandis que l’image de Raiffeisen et de ses dirigeants est écornée par l’affaire Vincenz.

Axel Lehmann, lui, a de bonnes nouvelles à communiquer. «Je n’ai pas de grand plan de restructuration à annoncer.» Pas de vastes suppressions d’emplois, donc. S’il tient à rassurer sur ce point, c’est parce qu’après une décennie concentrée sur l’adaptation du modèle d’affaires aux nouvelles réglementations, le dirigeant est convaincu que les dix années à venir seront celles de la numérisation.

Un client sur quatre sur smartphone

L’automatisation de certaines opérations «répétitives et ennuyeuses» n’a que des avantages, selon lui. En fait, «l’intelligence artificielle sert à améliorer les capacités des individus». Ces derniers auront donc toujours du travail, mais il sera différent. Les services évolueront, la manière de conseiller aussi.

Côté clients, «nous sommes numéro un de la numérisation, et nous allons le rester», assure Axel Lehmann. Un chiffre pour appuyer ce propos: l’application mobile de la banque a été téléchargée un million de fois.

Mais être leader et pionnier dans ce domaine ne signifie pas pour autant négliger les risques d’intrusion. Le groupe investit des centaines de millions par an dans la cybersécurité. «Nous n’avons jamais lancé et ne lancerons jamais un nouveau service numérique qui ne soit pas absolument sécurisé», promet Axel Lehmann.

D’accord avec la Finma

Pas plus tard que lundi, l’autorité financière, la Finma, a émis l’idée de créer un centre de compétences national pour étudier ces questions devenues prioritaires. UBS y est favorable. Des discussions sont déjà engagées avec différents organismes, notamment le WEF, qui vient de créer un Centre mondial pour la cybersécurité.

Avec sa position de leader, UBS devrait-elle se poser en meneur de ce regroupement souhaité par la Finma? Axel Lehmann ne répond pas directement à cette question. Mais la banque en sera, c’est certain. Son patron suisse est par ailleurs convaincu que la prise de conscience gagnera peu à peu tous les acteurs importants du système financier, y compris ceux qui n’ont pas encore pris complètement la mesure de cet enjeu. «Le fait que cette idée soit désormais portée par le régulateur est une très bonne chose», conclut-il.

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