Plus de 500 francs. C’est le montant qu’un client de Viteos estime avoir payé en trop, après avoir reçu une facture semestrielle de gaz du fournisseur neuchâtelois, pour une période de novembre 2021 à juin 2022. Viteos a demandé à ce représentant d’une PPE (propriété par étages) dans la banlieue de Neuchâtel de régler 12 000 francs pour près de 200 jours de consommation gazière, soit 100 000 kWh. Le nombre de kilowattheures n’est pas contesté, mais le montant de la facture oui et, après contestation, Viteos lui a remboursé la différence.

Fin de l’histoire? Non, selon le client, car il estime qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé mais d’une situation qui pourrait être généralisée dans un contexte de factures déjà plombées par la flambée des prix du gaz.

Le diable se cache dans les détails. La hausse des cours du gaz frappe la Suisse, qui dépend totalement des importations en la matière. Si bien que les prix ont régulièrement augmenté, notamment à Neuchâtel. Le 1er novembre 2021, le prix officiel du kilowattheure de gaz de Viteos passe à 10,34 centimes, énergie, taxe CO2 et TVA incluses. Il monte à 10,801 centimes le 1er janvier puis à 12,847 centimes le 1er mars.

Index problématique

Pour ses clients facturés au semestre, le relevé ordinaire des compteurs de gaz est effectué par Viteos en décembre et en juin. Cette année, vu la volatilité des prix, deux relevés supplémentaires ont été effectués, en janvier et en mars. Sur sa facture, le client constate que le compteur de gaz de la PPE a été relevé le 23 novembre, le 28 février et le 8 juin et que Viteos s’est «simplifié le travail» en passant les 41 jours de 2021 au tarif, plus élevé, valable dès le 1er janvier. De quoi demander 130 francs en plus à la PPE.

Un «nouvel index» du compteur relevé le 28 février, mentionné sur sa facture, titille davantage notre client. Après quelques calculs, il constate que cet index n’a pas été relevé mais estimé sur la base d’une consommation journalière moyenne, d’environ 500 kWh par jour, en tenant compte des jours entre novembre et février, pour établir son bordereau hivernal et printanier. Or on consomme beaucoup plus d’énergie pour se chauffer en hiver qu’en été, six fois plus selon les mesures du client pour la PPE. Viteos a du coup facturé beaucoup plus d’énergie ce printemps, à un prix plus élevé. Pour la PPE, cela correspond à 400 francs en plus.

«Il y a clairement une erreur sur la quantité d’énergie facturée, indique notre source. J’ai téléphoné à trois amis habitant dans des PPE similaires à la nôtre dans l’Ouest neuchâtelois et tous ont constaté la même chose. Les montants surfacturés vont de 340 à 1200 francs selon la taille de l’immeuble.»

Selon les chiffres des ventes de gaz en 2021 publiés par Viteos (1100 GWh) et sachant que près de 60% de ses ventes concernent ses clients résidentiels, selon les statistiques neuchâteloises, le montant estimable de ce trop-perçu pourrait vite être important.

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«La problématique concerne principalement l’application du tarif Viteos sur les consommations des mois de novembre et de décembre 2021 pour les villages de Peseux et Corcelles-Cormondrèche, soit environ 1000 clients», indique Laurent Vonmoos, le directeur du département Energies et Produits de Viteos. «Nous avons reçu une quinzaine de contestations en lien avec la reprise au 1er janvier 2022 des réseaux de gaz de ces villages par notre entreprise. Dans le contexte de la fusion [les communes de Corcelles-Cormondrèche, Neuchâtel et Valangin ont fusionné en 2021, ndlr], il n’a pas été possible de relever l’ensemble des compteurs des clients de ces anciennes communes au 31 décembre 2021, dit-il. Une note de crédit sera effectuée sur la prochaine facture de ces clients.»

Vu la situation sur le marché mondial de l’énergie, Viteos planche sur une solution qui doit permettre à sa clientèle de transmettre directement ses index de consommation.

Sur le TTF, un point d’échange gazier de référence aux Pays-Bas, le MWh de gaz pour livraison à un mois s’échangeait à 181 euros (175 francs), contre plus de 300 euros à la fin d’août et une vingtaine d’euros en moyenne avant la flambée il y a un an. Sur le front de l’électricité, une autre denrée en ébullition mais dont les prix sont régulés pour les ménages, Viteos a annoncé que ses tarifs allaient augmenter de 52% en 2023.