Les marchés ont réservé un excellent accueil aux résultats au deuxième trimestre présentés jeudi matin par Credit Suisse. Vers 13 heures 30, l’action Credit Suisse s’envolait de 5,6% à 51,7 francs, la meilleure performance au sein de l’indice SMI.

Le bénéfice net de 1,57 milliard de francs réalisé entre avril et juin, légèrement supérieur aux prévisions des analystes, n’explique pas à lui seul la réaction favorable des marchés. Ce résultat s’inscrit en hausse de 29% par rapport à la même période de l’an précédent mais reste inférieur aux 2 milliards de francs affichés au premier trimestre 2009.

Sans tenir compte de l’impact de facteurs extraordinaires – soit des charges nettes de 1,1 milliard de francs avant impôts résultant de l’amélioration des écarts de crédit sur la banque, à quoi s’ajoute un coût de 0,5 milliard lié à l’accord conclu avec la firme Huntsman –, Credit Suisse aurait même affiché un bénéfice net de 2,5 milliards durant le deuxième trimestre. Un montant nettement supérieur au résultat net du premier trimestre calculé sur une base comparable.

Afflux élevé d’argent frais

L’afflux net d’argent frais de 8,5 milliards de francs dans les activités de gestion de fortune a aussi dépassé le consensus des analystes. Il succède aux 9 milliards de francs qui ont afflué vers la banque au premier trimestre. L’unité «private banking», qui regroupe à la fois la gestion de fortune et la banque de détail, a réalisé un bénéfice avant impôts de 935 millions, proche de celui du premier trimestre (992 millions) mais encore sensiblement inférieur à la même période de l’an dernier (1,22 milliard).

Surtout, les deux divisions à problème du groupe sont en voie de redressement. Dans la banque d’investissement, le bénéfice avant impôts atteint 1,65 milliard de francs au deuxième trimestre après 2,41 milliards de janvier à mars. L’unité de gestion d’actifs «Asset Management» génère à nouveau un court bénéfice avant impôts de 55 millions, après une perte de 490 millions durant les trois premiers mois de l’année. Seul point noir: l’unité a continué de subir des sorties nettes de capitaux de 4,1 milliards de francs au deuxième trimestre.

Gagnant de la crise bancaire

Enfin, l’établissement a continué de renforcer sa base de capital. Si Brady Dougan, le directeur de Credit Suisse, reste très prudent quant aux perspectives pour la seconde moitié de l’année, il souligne aussi que la banque est également bien positionnée pour faire face à de nouvelles turbulences. A fin juin 2009, l’établissement affichait un ratio des fonds propres de base de catégorie 1 de 15,5%, par rapport à 14,1% à fin mars dernier et comparé à 10,2% en juin 2008. «Le ratio des fonds propres de Credit Suisse est l’un des meilleurs au sein du secteur», commente le courtier Helvea. «Les chiffres du deuxième trimestre confirment que Credit Suisse émerge comme l’un des gagnants de la crise bancaire», ajoute de son côté Kepler Capital Markets.