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Les chiffres de Facebook et Google jugés insuffisants

Les requêtes gouvernementales cachent la surveillance globale, juge une ONG

Trois ans après Google, Facebook a accepté de lever un coin de voile sur les requêtes qu’il reçoit de la part des autorités. La société a publié mardi soir son premier «Rapport international des demandes gouvernementales» , où elle détaille les requêtes issues de 74 pays, dont la Suisse. Une initiative saluée par l’organisation non gouvernementale britannique Privacy International, qui estime néanmoins que les chiffres publiés masquent la réalité de la surveillance américaine.

Au total, durant le premier semestre 2013, le réseau social a reçu des demandes d’autorités concernant au moins 38 000 utilisateurs. Il s’agit de demandes concernant le nom de membres du réseau social, leur adresse IP, le contenu mis en ligne ou l’utilisation en général de Facebook. Les Etats-Unis, avec une fourchette de 11 000 à 12 000 requêtes, sont en tête du classement, suivis par les autorités indiennes (3245), britanniques (1975) et allemandes (1886). A titre de comparaison, 8 demandes émanent d’Egypte et 113 d’Israël. La Syrie, l’Iran et la Chine ne figurent pas dans la liste.

En Suisse, 32 demandes ont eu lieu, portant sur 36 utilisateurs. Facebook n’a donné suite qu’à 13% de ces requêtes. Le pourcentage est nettement plus élevé aux Etats-Unis (79%) et en Allemagne (37%). Facebook a annoncé vouloir publier de tels rapports à intervalles réguliers.

Des renseignements sur les internautes suisses

Google livre des statistiques comparables depuis 2010. Dans le cas de la Suisse, au deuxième semestre 2012 (aucune donnée n’est encore disponible pour 2013), le moteur de recherche a reçu 49 demandes de renseignement, portant sur 59 comptes ou utilisateurs. Google a accédé à 67% de ces demandes. Ce pourcentage reste stable sur les quatre derniers semestres. A titre de comparaison, Google a accepté 88% des demandes américaines lors des six derniers mois de 2012. Le moteur de recherche livre également des chiffres sur des demandes de suppression de contenu en ligne.

Privacy International souligne toutefois sur son site que «ces rapports ne fournissent qu’une image limitée de ce qui se passe vraiment». Faisant référence aux révélations d’Edward Snowden, l’ONG écrit que «les gouvernements n’ont pas forcément besoin d’intermédiaires comme Facebook, Google ou Microsoft pour obtenir nos données. Ils peuvent les intercepter via des câbles sous-marins ou des demandes secrètes de tribunaux.»

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