La bourse de Zurich est tombée vendredi à son plus bas niveau depuis le début de l’année, comme la plupart des places européennes. L’indice SMI ne vaut plus que 5777 points, contre 6050 le 3 janvier. A Wall Street, le Dow Jones avait lui aussi, à mi-séance, effacé tous ses gains de 2012.

Les places financières ont réagi à la hausse inattendue du chômage américain et à de mauvaises statistiques en Europe. Peu après l’annonce des 69 000 créations d’emplois aux Etats-Unis, et non 150 000 comme estimé, Francfort a cédé jusqu’à 4%, Paris 3% et Londres 1,7%. Des pertes qui ont été en partie réduites en fin de journée.

Chômage record dans la zone euro

Dans la zone euro, le taux de chômage a atteint 11% en avril, le plus haut depuis 1995. A cela s’ajoutent des inquiétudes sur les économies émergentes, Chine en tête, qui commencent à souffrir de la récession en Europe.

«Le marché subit le ralentissement des moteurs de la croissance mondiale, Etats-Unis et Chine, ainsi que du fait que l’Europe n’arrive pas à prendre de décisions capables de redonner de la confiance», résume pour l’AFP Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.

Aux Etats-Unis, le taux de chômage est remonté le mois dernier pour la première fois en un an, à 8,2%. En outre, le Département du travail a revu en baisse de 33% son estimation des créations de postes d’avril, à 77 000 seulement. Les chiffres décevants du marché du travail font désormais craindre un ralentissement prolongé de l’économie américaine.

Selon la dernière estimation officielle du produit intérieur brut américain de l’hiver, publiée jeudi, la croissance économique américaine a ralenti considérablement au premier trimestre, n’atteignant que 1,9% en rythme annualisé (contre 3,0% d’octobre à décembre).

Détente sur les taux

Vendredi fut cependant une journée de détente sur le marché obligataire. Le taux d’intérêt à 10 ans de l’Espagne a reculé à 6,5%, après avoir touché les 6,7% en début de semaine. L’Italie a aussi connu une journée de répit. Son loyer de l’argent à 10 ans est retombé à 5,74%, contre plus de 6% mardi.

«Les marchés sont tellement nerveux que même la moindre petite rumeur d’action politique assurerait une prise de bénéfice sur les ventes à découvert du gouvernement espagnol», a raconté à Bloomberg un stratège de WestLB à Londres. «Mais, s’il y avait vraiment de fortes suppositions que la Banque centrale européenne prépare une intervention, je crois que les rendements baisseraient de 30 à 40 points de base» (ou 0,30-0,40 point de pourcentage).

De leur côté, les taux allemands à 2 ans ont glissé sous la barre du zéro, à –0,012%. Ceux de la Confédération helvétique pour une même échéance sont à –0,284%.

ö Le résultat des bourses en détail. Page 15