Un œil sur la place financière

Les chiffres n’engagent que ceux qui les croient

La finance se nourrit de prévisions. Pourtant, alors que des milliards de francs en dépendent, celles-ci sont le plus souvent erronées, voire carrément manipulées

A l’instar des bulletins météo à long terme, l’inexactitude de la plupart des pronostics économiques est une source inépuisable de plaisanteries, à tel point que John Kenneth Galbraith disait que «la seule fonction de la prévision économique est de rendre l’astrologie respectable». C’est ainsi que l’ancien président de la Fed Alan Greenspan annonçait en septembre 2007 que les pressions inflationnistes allaient rapidement entraîner des taux d’intérêt à deux chiffres aux Etats-Unis. Depuis lors, le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans n’a fait que baisser, passant de 5,25% à l’époque à 1,80% aujourd’hui. D’ailleurs, une étude du FMI portant sur 63 pays entre 1992 et 2014 a conclu que les économistes avaient échoué à prévoir 148 des 153 dernières récessions, soit un taux de succès d’à peine 3%!

Lire aussi: L’économie carbure aux on-dit et aux «fake news», pas aux chiffres