Et encore un résultat bancaire supérieur aux attentes aux Etats-Unis! Mercredi, Bank of America, deuxième plus grande banque du pays, a publié un bénéfice net de 4 milliards de dollars d’avril à juin, en hausse de 63% sur un an. Un schéma qui s’est répété depuis une semaine: vendredi, JPMorgan Chase, le numéro un bancaire américain, a ouvert les feux avec un bénéfice en hausse d’un tiers, à 6,5 milliards, au deuxième trimestre, meilleur que prévu. Lundi, Citigroup, la troisième banque du pays, a fait état d’un bénéfice en hausse de 42% sur un au deuxième trimestre, de 4,2 milliards. Mardi, Goldman Sachs a publié un bénéfice de 1,9 milliard d’avril à juin, le double de l’an précédant et un montant supérieur de près d’un tiers aux prévisions des analystes.

Malgré ces chiffres en forte hausse en comparaison annuelle, les marchés n’ont pas réagi de manière euphorique, sauf pour Bank of America, qui a vu son titre bondir de 2% hier. Vendredi, le titre de JPMorgan avait clôturé en léger recul. L’action de Goldman Sachs a, elle, chuté de 1,7% mardi.

Comment expliquer la retenue des investisseurs? Dans le cas de Goldman Sachs, une large partie de la hausse du bénéfice est imputable aux gains de valeur des positions détenues dans son unité ­«Investing & Lending» ainsi qu’à un taux d’imposition moindre. «La qualité des résultats est relativement faible», a jugé Citigroup dans une note, étant donné que ces deux facteurs expliquent à eux seuls 85% de la hausse du résultat. Cette unité, qui rassemble les gains et les pertes réalisés avec ses propres investissements dans des secteurs incluant aussi bien des obligations, de l’immobilier, du capital-investissement que des hedge funds, a généré des revenus de 1,4 milliard de dollars, contre 203 millions un an plus tôt. Les autres segments d’activité ont connu une évolution contrastée.

Chez Bank of America, l’amélioration du bénéfice est jugée plus solide car elle est due en grande partie aux mesures de réduction des coûts qui devraient atteindre 8 milliards par an d’ici à fin 2014.

Que faut-il attendre pour Credit Suisse et UBS, qui publieront leurs résultats semestriels d’ici fin juillet? Selon Teresa Nielsen, analyste chez Vontobel, les chiffres présentés outre-Atlantique constituent un signal favorable, du moins pour Credit Suisse, encore très active dans la banque d’affaires, y compris aux Etats-Unis. En comparaison annuelle, les revenus des quatre plus grands instituts américains réalisés dans la banque d’affaires ont crû de 19% au deuxième trimestre. Chez UBS et Credit Suisse, la hausse devrait atteindre 39 et 24%.

«La banque d’investissement peut constituer jusqu’à 60% du bénéfice net de Credit Suisse», relève Teresa Nielsen. En ce qui concerne la gestion de fortune, l’analyste se montre plus prudente pour la banque: «Les coûts des restructurations en cours pèseront sur la rentabilité, tandis que les marges sont sous pression dans la banque privée», constate-t-elle. En revanche, il est très difficile d’extrapoler les résultats des banques américaines sur les activités de banque d’affaires d’UBS, compte tenu du processus de désinvestissement entrepris par le numéro un bancaire dans ce domaine.

Les résultats publiés outre-Atlantique constituent un signal favorable, du moins pour Credit Suisse