inégalités

Les chiffres de Thomas Piketty sur les écarts de fortune sont erronés selon le FT

Le Financial Times a découvert de nombreuses erreurs dans les statistiques de l’auteur du bestseller « Le capital au XXIème siècle » qui remettent en cause ses conclusions d’une concentration des richesses au sein du capitalisme. Thomas Piketty répond aux critiques.

Le «Financial Times» de samedi n’y va pas par quatre chemins. Thomas Piketty, l’auteur de «Le capital au XXIème siècle », qui analyse l’évolution de la répartition des richesses dans le monde et conclut que l’écart n’a jamais été aussi élevé depuis la veille de la première guerre, a « effectué des erreurs de transcription, employé des moyennes non optimales, réalisé de multiples ajustements qui restent inexpliqués, repris des données sans indications de sources, utilisé des périodes différentes parfois sans raison et employé ses sources de façon inconsistante », écrit-il samedi. L’attaque est à la mesure de l’écho de l’ouvrage de ce professeur français devenu le « héros de la gauche », pour reprendre l’expression du quotidien de la City.

Le pavé de 577 pages a été salué par tous les économistes pour son analyse historique des données, même si les conséquences qu’il en a tirées et ses recommandations, notamment une taxe mondiale sur les fortunes, ont été souvent attaquées en dehors des milieux de gauche. Le prix Nobel Paul Krugman le cite comme livre de l’année.

L’enquête du Financial Times montre qu’après la prise en compte des erreurs et ajustements, les «résultats ne montrent pas d’augmentation de l’inégalité des fortunes en Europe après 1970». La thèse du professeur français consiste précisément à démontrer que la «contradiction centrale du capitalisme réside dans son inexorable concentration des richesses».

Une photo qui montre que des statistiques officielles de 1908 accordées à la Suède ont été intégrées par Piketty en 1920 dans son bestseller. Une autre photo publie un graphique officiel des inégalités à long terme au Royaume Uni qui diffère sensiblement de celui de l’auteur. Idem pour les Etats-Unis. Le journal critique aussi le même poids accordé à la Suède qu’à la France ou au Royaume Uni alors que son poiuds dans la population est très inférieure. Le FT estime que les défauts concernant le Royaume Uni sont parmi les plus graves et expliquent l’étonant écart de Piketty avec les sources.

L’auteur, contacté par le FT, explique n’avoir « aucun doute que mes statistiques puissent être améliorées et seront améliorées à l’avenir, mais je serais très surpris si les conclusions sur l’évolution à long terme des richesses était modifiées de façon substantielle ». Le professeur français a également confié à l’AFP samedi que «Là où le Financial Times est malhonnête, c’est qu’il laisse entendre que cela change des choses aux conclusions alors que cela ne change rien. Des études plus récentes ne font que conforter mes conclusions, en utilisant des sources différentes », a-t-il ajouté.

La controverse rappelle celle qui avait accueilli les travaux de Carmen Reinhard et Kenneth Rogoff qui indiquaient l’impact négatif d’une hausse de la dette publique sur la croissance économique.

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