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China Construction Bank veut «jouer un rôle en Suisse»

L’établissement a annoncé un bénéfice de 36 milliards de francs pour 2014. Avec ses succursales en Europe, CCB veut capter les flux liés à l’internationalisation du renminbi

China Construction Bank veut «jouer un rôle en Suisse»

Résultats L’établissement a annoncé un bénéfice de 36 milliards de francs pour 2014

Avec ses succursales en Europe, CCB veut capter les flux liés à l’internationalisation du renminbi

Lundi, China Construction Bank (CCB) présentait à Hong­kong des résultats financiers ­publiés juste avant le week-end. L’occasion d’expliquer, pour la première fois, pourquoi la deuxième banque de Chine la plus rentable a décidé en décembre dernier de venir s’implanter en Suisse et ce qu’elle compte y faire.

Pour Wang Hongzhang, la Suisse est un centre financier mondial «de premier ordre et qui se développe. Les grandes banques internationales y sont présentes. En outre, les liens commerciaux entre la Suisse et la Chine grandissent. Le premier ministre Li Keqiang s’y est rendu cette année [à Davos]. Enfin, la Suisse dispose d’un avantage comparatif unique en termes de gestion de fortune.»

Pour ces raisons, «dans le cadre de notre plan [de développement] à cinq ans nous avons décidé d’y établir une succursale, a justifié le président de CCB. Nous sommes actuellement en discussion avec le régulateur helvétique» en vue d’obtenir les autorisations nécessaires.

Une fois installée, la CCB compte «accompagner le commerce et les investissements entre la Suisse et la Chine, pour construire des usines», par exemple, a ajouté Wang Hongzhang. «Nous espérons pouvoir jouer un rôle au sein de la place financière suisse et y acquérir une nouvelle expérience internationale», a-t-il encore déclaré.

La Suisse n’est pas la seule visée par CCB hors de Chine. La banque vient aussi d’annoncer être en discussion avec les autorités italiennes, en vue d’une implantation à Milan. L’an dernier, elle a pris le contrôle d’une banque brésilienne, ouvert une succursale en Nouvelle-Zélande et des filiales à Toronto et Brisbane. Sans oublier que CCB est déjà présente à Londres, New York ou encore au Luxembourg.

En Suisse, CCB s’installera à Zurich. «Elle y cherche, de mon point de vue, à capter une partie des flux liés à l’internationalisation du renminbi, décrypte Zhikai Chen, analyste senior à Hongkong chez Lombard Odier. Comme Bank of China le fait à Hongkong, ICBC à Londres. CCB cherche aussi à apprendre de nouveaux métiers, celui de la banque privée en particulier.»

China Construction Bank dispose de moyens pour grandir en dehors des frontières chinoises et pour devenir, à terme, «un groupe offrant une gamme complète de services», a expliqué hier Yang Wensheng, un de ses deux vice-directeurs généraux. L’an dernier, la banque a réalisé un bénéfice net de 228,2 milliards de yuans (35,7 milliards de francs), en hausse de 6%. Ce chiffre, qui représente dix fois celui d’UBS et 17 fois celui de Credit Suisse, la place au deuxième rang des quatre plus grandes banques chinoises, seules ICBC dégageant un bénéfice (275,8 milliards de yuans) plus élevé.

CCB, fondée à Pékin en 1954, affiche plus de 360 000 employés. Elle revendique près de 3,5 millions d’entreprises clientes, et 314 millions de clients individuels. Les prêts sont au cœur de son activité. «Comme dit notre slogan: «Si vous voulez acheter votre maison, venez à la CCB», a relevé Yang Wensheng. Qui assure aussi que malgré une croissance chinoise tombée l’an dernier à son plus bas niveau en un quart de siècle, sa banque reste solide et capable d’amortir les risques de défaillance sur les 9474 milliards de yuans (plus de deux fois le PIB de la Suisse) de son portefeuille de crédit aux particuliers.

CCB veut «accompagner les investissements entre la Suisse et la Chine, pour construire des usines»

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