China Haidian élargit

son portefeuille horloger

Acquisition Le holding chinois s’empare du groupe Dreyfuss, propriétaire de Rotary

Le printemps suisse sied bien à China Haidian. Depuis une année, le géant de la production et de la distribution de montres en Chine continentale n’avait plus communiqué. La dernière fois, c’était en avril 2013, avec l’annonce du rachat de la marque chaux-de-fonnière Corum, quinze mois après celle d’Eterna, sise, elle, à Granges.

Alors que ces reprises interpellent encore les milieux horlogers, China Haidian est officiellement revenu sur le devant de la scène. Une semaine après s’être séparé du directeur général de Corum, Antonio Calce, le groupe a annoncé lundi l’acquisition du groupe Dreyfuss. Pour les trois marques possédées par cette structure familiale fondée en 1895 – Rotary et Dreyfuss & Co., à La Chaux-de-Fonds, ainsi que l’Anglaise J&T Windmills – la société d’investissement a dépensé 40,8 millions de francs.

Dans le moyen de gamme

China Haidian élargit ainsi son portefeuille, mais fait surtout son entrée dans le moyen de gamme. Un segment pour lequel «l’Asie est un enjeu stratégique de taille», selon le communiqué diffusé hier. «Les acheteurs moyens asiatiques représentent une clientèle encore largement inexploitée pour le groupe», peut-on lire, alors que Rotary s’affiche comme la marque la plus vendue dans le marché britannique du moyen de gamme.

Les garde-temps de Corum valent plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de milliers de francs. Les prix de ceux d’Eterna débutent à quelques milliers de francs, tandis qu’une montre Rotary se facture 400 ou 500 francs. C’est le cas, par exemple, de l’édition spéciale réalisée dans le cadre du partenariat avec le Chelsea FC.

La direction confirmée

Information pertinente, au vu du sort réservé à Antonio Calce: le groupe chinois (coté à Hongkong mais contrôlé par la famille de son patron, Hon Kwok Lung) a confirmé que la direction du groupe Dreyfuss – dont son président exécutif Robert Dreyfuss – reste en place.

«Cette étape marque le début d’un nouveau chapitre passionnant», déclare Robert Dreyfuss. L’arrière-petit-fils du fondateur sera chargé de «superviser la prochaine étape d’expansion» et de «consolider les excellents résultats déjà réalisés». Le communiqué rappelle aussi que Dreyfuss, qui a engrangé un bénéfice (non audité) de 3,38 millions de francs, l’an dernier, profite déjà du dynamisme des marchés asiatiques, dans lesquels il a fortement accru sa présence, passant de 0 à 400 points de vente, en seulement dix-huit mois.