La Chine devrait augmenter sa consommation de pétrole de 10% cette année, a estimé mardi l'Association pétrolière et chimique chinoise. Ce serait un net ralentissement après le bond de 20% observé l'année dernière, selon une estimation gouvernementale.

Attisé par une croissance de 9,5% en 2004, cet énorme besoin en énergie a propulsé l'Empire du Milieu au rang de second importateur d'or noir derrière les Etats-Unis. La Chine passe pour la principale cause de la flambée du cours du baril. Celui-ci s'est apprécié de 60% au cours des douze derniers mois. Un nouveau record à 57,60 dollars a été battu la semaine dernière avant qu'une statistique sur les stocks de pétrole aux Etats-Unis ne vienne rassurer le marché. Une décélération de la croissance de la demande chinoise aurait un effet similaire.

Ce phénomène est déjà bien engagé, selon la Société Générale. De 22% au premier semestre 2004, la progression de la demande chinoise est tombée à 10% au second semestre, puis à 5,6% en janvier 2005. Elle a été vraisemblablement de 3,3% en février. «Cet essoufflement provient clairement d'un effet prix, écrit Frédéric Lasserre, analyste de la banque française, dans une note publiée vendredi dernier. A 50 dollars par baril, nous avons atteint le niveau qui ajuste la demande à l'offre.» Cela signifie qu'un pétrole trop cher entraîne des mesures d'économies ou de substitution vers d'autres sources d'énergie comme le charbon. Ces phénomènes devraient prévenir une envolée durable du brut au-dessus des niveaux actuels.

«Il est étonnant de constater que le marché ne semble pas avoir pris conscience que la demande chinoise connaît des signes évidents d'essoufflement. Et surtout que cet essoufflement provient clairement d'un effet prix», commente Frédéric Lasserre.

En 2004, la Chine a consommé 288 millions de tonnes de pétrole, dont 174 millions ont été importées. La production nationale a progressé de 2,9% tandis que les importations bondissaient de 35%: les pétroliers chinois produisant au maximum de leur capacité, le pays dépend d'approvisionnements extérieurs pour l'essentiel de sa croissance.