Les autorités chinoises de la concurrence ont annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête contre le géant du commerce en ligne Alibaba pour «suspicion de pratiques monopolistiques». Elles n'ont guère fourni de détails sur ce qui est reproché à Alibaba, mis à part «un accord d'exclusivité» non précisé. Le géant du e-commerce a «promis de coopérer activement à l'enquête avec les régulateurs».

L'Administration d'Etat pour la régulation des marchés a également annoncé avoir contacté Ant Group, leader mondial du paiement en ligne, pour des questions de «supervision», moins de deux mois après que Pékin eut annulé à la dernière minute l'introduction en Bourse de cette filiale d'Alibaba.

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Ces annonces ont provoqué un fort repli de l'action Alibaba à la Bourse de Hongkong, avec une chute de plus de 8% du titre à l'ouverture.

Des inquiétudes autour d'Ant Group

L'enquête constitue un coup de tonnerre dans le monde des affaires chinois, où Alibaba et son charismatique patron Jack Ma sont des symboles de la réussite technologique de l'empire du Milieu. A 56 ans, il n'est officiellement plus à la tête de son groupe depuis son départ à la retraite l'an dernier. Mais il conserve une influence prépondérante sur Alibaba comme sur Ant Group, via les actions qu'il détient.

«Il y a manifestement une escalade des efforts coordonnés visant à entraver l'empire de Jack Ma, qui symbolisait les nouvelles entités chinoises trop grosses pour faire faillite», a observé pour l'agence Bloomberg l'analyste Dong Ximiao, de l'Institut de la finance sur internet de Zhongguancun, la «Silicon Valley» de Pékin.

La suspension in extremis de l'entrée en Bourse d'Ant Group début novembre avait déjà provoqué la stupeur. Cette entrée en Bourse s'annonçait comme un record du monde, avec un butin de 34,4 milliards de dollars (27,4 milliards d'euros). Elle survenait quelques jours après un discours à Shanghai de Jack Ma, lors duquel le multi-milliardaire avait critiqué l'action des régulateurs financiers.

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Ces derniers s'inquiètent de la puissance des groupes technologiques et plus particulièrement de leurs incursions dans le secteur des prêts en ligne, où ils s'affranchissent des règles prudentielles imposées aux banques publiques.

Une amende la semaine dernière

Les médias chinois ont relayé ces inquiétudes en mettant en garde contre les risques de turbulences financières. L'enquête contre Alibaba «est une mesure importante pour notre pays afin de renforcer la supervision antimonopolistique dans le secteur de l'internet et promouvoir un développement sain à long terme de l'économie numérique», écrit jeudi le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste au pouvoir.

Une réunion des plus hauts dirigeants du régime la semaine dernière autour du président Xi Jinping a appelé à «s'opposer fermement aux monopoles».

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Signe de l'impatience des pouvoirs publics à l'encontre d'Alibaba, le groupe venait d'écoper la semaine dernière d'une amende de 500 000 yuans (68 000 francs) pour n'avoir pas fait état d'une acquisition.