Du jamais-vu depuis 65 ans: la journée d’hier est passée sans la moindre mention, dans les médias chinois, relative aux relations diplomatiques avec la Corée du Nord. C’est pourtant le 6 octobre 1949 qu’ont été officiellement établies ces relations et cette date est généralement abondamment commentée et célébrée dans les médias officiels. Il y a dix ans, par exemple, des télégrammes de félicitations avaient été échangés par les plus hauts représentants des deux Etats. Le silence de 65e anniversaire apparaît donc éloquent: il constitue l’un des signaux les plus clairs du refroidissement des relations entre les deux pays.

La Chine semble prendre de plus en plus clairement ses distances vis-à-vis de son encombrant voisin. Jusqu’à présent, elle l’a toujours soutenu, à la fois par affinité idéologique et par nécessité stratégique: l’effondrement du régime stalinien, et une réunification des deux Corées sous l’égide du Sud, mettrait l’armée américaine, présente en Corée du Sud, aux portes de la Chine. Mais de plus en plus, elle mesure l’impact catastrophique qu’a sur son image internationale le soutien à un régime aux comportements provocateurs et imprévisibles. Dernier exemple en date, le Ministère sud-coréen de la défense vient d’annoncer que des échanges de tirs avaient eu lieu entre navires militaires des deux pays, un bateau nord-coréen ayant franchi la frontière séparant les eaux des deux pays. Une provocation d’autant plus incompréhensible qu’elle intervient juste après un épisode d’apaisement, marqué par la visite, au Sud, de trois des plus hautes personnalités du régime de Pyongyang.

La Chine fait la chasse aux fonctionnaires fantômes

Après les cadres du Parti communiste touchant des pots-de-vin, voici ceux qui n’exercent aucune fonction réelle. Les autorités chinoises viennent d’annoncer qu’elles avaient identifié 162 000 emplois fictifs dans la fonction publique, dans le cadre d’une campagne d’assainissement de la fonction publique lancée il y a un an. Autant de personnes touchaient ainsi, jusqu’à présent, un salaire pour une fonction qu’elles n’exerçaient pas. C’est dans la province du Hebei, qui entoure Pékin, que la pratique semble avoir été la plus répandue, puisque 56 000 cas y ont été dénombrés. Le Quotidien du peuple raconte que les cadres interrogés par les enquêteurs anticorruption se sont montrés particulièrement enclins à dénoncer ces pratiques. Le pouvoir chinois est engagé, actuellement, dans une vaste campagne de lutte contre la corruption et d’assainissement des pratiques dans la fonction publique, qui vise à redorer le blason du Parti. Le président Xi Jinping, qui pilote cette purge sans précédent, n’a pas hésité à en dramatiser l’enjeu: dès sa prise de fonctions, il avait estimé qu’il s’agissait d’une question de vie ou de mort pour le pouvoir chinois.

Pékin met ses gouvernements locaux au pain sec

Pas question de compter sur le secours de l’Etat central. Le Conseil d’Etat chinois vient d’annoncer une décision qui illustre la volonté de Pékin de remettre en ordre les finances des gouvernements locaux, l’un des principaux maillons faible du système financier chinois. Il a en effet annoncé qu’en cas de difficultés financières de telle ou telle entité locale, l’Etat central se refuserait à lui venir en aide. Cette démonstration de fermeté vise à assainir les pratiques des gouvernements locaux, dont la dette atteignait officiellement, en juin 2013, 17 900 milliards de yuans (2300 milliards d’euros), et dont 40% environ des emprunts arrivent à échéance avant la fin 2014.

Les gouvernements locaux ont longtemps emprunté, par des mécanismes indirects, des sommes excessives, notamment en raison d’un système fiscal qui ne leur donne accès qu’à de faibles ressources. Désormais, Pékin semble déterminé à les ramener dans le droit chemin, et les y incite fortement en se refusant à les soutenir financièrement. Il reste malgré tout à réorganiser le système fiscal chinois de manière à ce que les pouvoirs locaux n’en soient pas les parents pauvres.