En Chine, les capitaux tentés par la porte de sortie

Du jamais vu depuis au moins 1998. Au quatrième trimestre 2014, la Chine a encaissé une balance déficitaire des flux de capitaux. Et dans des proportions inédites: la différence entre les flux entrants et sortants a été négative, s’établissant à 91 milliards de dollars, selon les statistiques officielles qui viennent d’être publiés. Cette statistique confirme ce que l’on pressentait depuis plusieurs semaines déjà, vu que la banque centrale avait publié des chiffres qui démontraient qu’elle avait plus vendu de devises étrangères qu’elle n’en avait achetées sur la même période.

Deux phénomènes peuvent expliquer cette tendance nouvelle. D’un côté, les entreprises chinoises auraient accéléré leurs acquisitions à l’étranger, dans un souci de diversification géographique et de montée en gamme. Mais ce sont également les inquiétudes relatives au ralentissement économique chinois qui sont ici en jeu.

Devant la possibilité d’une dépréciation du yuan, il semble probable que certains investisseurs ont retiré une partie de leurs fonds dans le pays. Compte tenu du niveau astronomique de réserves de change que détient la Chine (près de 4000 milliards de dollars), cette tendance ne représente pas une menace pour le pays à ce stade. Mais elle est révélatrice d’un changement d’image de la Chine.

Palmarès des pires bouchons de la planète: Djakarta en tête

Pour la première fois, une étude scientifique vient confirmer la mauvaise réputation des routes de Djakarta, qui sont souvent présentées, par les spécialistes et les expatriés, comme les plus encombrées de la planète. Cherchant à mesurer l’état du trafic dans 78 grandes villes du monde et l’impact sur les moteurs des véhicules, le producteur de lubrifiants Castrol et la société Tom Tom ont mesuré, sur un an, le rythme de conduite de millions d’automobiles.

Analysant des données GPS, ils ont notamment calculé combien de fois une voiture devait s’arrêter au fil d’un trajet donné. Ils ont ainsi découvert que ces «arrêts et redémarrages» immédiats atteignaient un taux record à Djakarta. En moyenne, un automobiliste a subi, en 2014, 33 240 «Stop and Start», comme se nomme l’index, sur les routes de la capitale indonésienne. Istanbul apparaît en seconde position de ce classement avec 32 520 procédures d’arrêt et de redémarrage quand Mexico se classe en troisième position avec 30 840 arrêts par an.

Selon l’étude, les villes les plus fluides de la planète sont Tampere en Finlande, avec seulement 6240 «Stop-Start», devant Rotterdam (6360) en Hollande et Bratislava en Slovaquie, où les automobilistes n’ont souffert que de 6840 ralentissements en 2014. En France, la ville de Lyon apparaît dans la moyenne des cités mondiales moyennement congestionnées avec 11 280 «Stop-Start» par an, ce qui est similaire à Hamburg ou Bruxelles. Paris est beaucoup moins bien classé dans l’index, avec 18 000 arrêts par an par conducteur, soit un taux de bouchons comparable à Ankara ou Thessalonique.

Panasonic qui rit, Sharp qui pleure

Débordés par leurs concurrents chinois et sud-coréens sur nombre de produits grand public qui avaient longtemps fait leur force, les géants de l’électronique japonais ont amorcé depuis 2010 de profondes mutations pour renouer avec les profits. Mais la présentation, mardi, de leurs derniers résultats trimestriels montre que tous n’ont pas encore réussi à se réinventer.

Sharp, le pionnier des écrans à cristaux liquides, a ainsi indiqué qu’il allait retomber dans le rouge sur l’exercice fiscal qui s’achèvera en mars. Mesurant ses mauvaises ventes sur les neuf premiers mois de l’exercice, il estime qu’il va enregistrer sur l’ensemble de l’année fiscale au moins 30 milliards de yens (235 millions de francs) de perte nette.

Jusqu’ici, Sharp, qui a vendu nombre d’actifs et considérablement réduit ses effectifs, pensait qu’il allait pouvoir dégager de modestes bénéfices. Encore une fois, le groupe souffre de la médiocrité de ses ventes de téléviseurs, notamment haut de gamme, mais il est aussi pénalisé par la violente guerre des prix que se livrent les producteurs japonais et coréens de dalles LCD de petites et moyennes tailles pour équiper les appareils mobiles souvent assemblés en Chine.

Sur le marché japonais, il est handicapé par l’effondrement du yen qui rogne les marges réalisées sur les produits électroménagers qu’il fait fabriquer, dans d’autres devises, ailleurs en Asie, avant de les rapatrier sur le marché nippon.

S’il est touché par un phénomène similaire, Panasonic parvient toutefois, lui, à dégager des profits. Pour la période d’avril à décembre 2014, le groupe a fait état d’une hausse de 10,3% de son bénéfice d’exploitation, à 290,2 milliards de yens (2 milliards d’euros), même si le résultat net a chuté de 42,2% à 140,4 milliards de yens à cause de facteurs exceptionnels (ventes d’actifs et autres éléments qui avaient gonflé le bénéfice l’an passé). La société estime dès lors qu’elle devrait tenir ses prévisions de profit sur les douze mois de l’exercice.

Elle mise sur un bénéfice net annuel de 175 milliards de yens (+45,3% sur un an) pour un chiffre d’affaires de 7,750 milliards de yens (+ 0,2%). Le groupe reconnaît que ses ventes progressent peu mais qu’il est aussi aidé par la dépréciation du yen qui gonfle mécaniquement, dans ses comptes nippons, la taille de ses revenus réalisés dans d’autres devises à l’étranger.

Il note que sa mutation commence aussi à payer. Délaissant peu à peu la production de smartphones et de téléviseurs, où il ne dégage pas de profit, il accélère sa spécialisation dans les composants pour l’industrie. Mettant l’accent sur le secteur automobile, il enregistre de bonnes ventes de ses systèmes de radionavigation, de circuits intégrés ou encore de batteries.

Se rapprochant sur ce segment de Tesla, il doit investir prochainement près d’un milliard de dollars dans l’usine géante de batteries au lithium que le constructeur américain de voitures électriques prévoit d’inaugurer en Arizona.

Pékin redoute de voir son secteur tertiaire flancher

Les services chinois peuvent-ils flancher? L’hypothèse apparaît moins improbable ce mercredi matin qu’au cours des derniers mois, après la publication d’un indicateur important. L’indice PMI publié par HSBC et Markit pour janvier s’établit, pour le secteur tertiaire, à 51,8 points.

C’est un chiffre supérieur à 50, donc il traduit une dynamique en croissance. Mais il chute sensiblement par rapport à décembre: il s’était alors établi à 53,4 points. La croissance des services semble donc être retombée, en janvier, à son plus faible niveau depuis six mois.

Pour Pékin, c’est une information capitale. Les autorités centrales semblent décidées à laisser l’industrie souffrir, après des années de surproduction et d’endettement. Si elles tiennent bon sur cette voie périlleuse, c’est parce qu’elles peuvent compter sur le secteur tertiaire, qui a représenté, l’an dernier, 48,2% du PIB, un chiffre en hausse de 1,3 point par rapport à 2013.

Les services, qui présentent l’avantage de créer de nombreux emplois, sont donc la bouée de sauvetage de l’économie chinoise, au moment où elle subit un ralentissement important. Le fait qu’ils aient décéléré en janvier, dans une période généralement très active du fait qu’elle précède le nouvel an chinois, constitue pour Pékin un très mauvais signal.