Le chef du gouvernement chinois, Li Keqiang, est arrivé en Allemagne, pour un voyage qui le mènera ensuite en Russie, et se terminera par un sommet Asie-Europe, à Milan, mardi prochain. L’Allemagne devient ainsi le seul pays étranger dans lequel Li Keqiang s’est déplacé deux fois depuis sa prise de fonctions.

Ce déplacement intervient dans un moment un peu compliqué au plan économique pour les entreprises allemandes en Chine, puisque plusieurs, dans le secteur automobile, font l’objet d’enquêtes pour pratiques anticoncurrentielles. Une charge qui avait poussé la Chambre de commerce européenne à donner de la voix en dénonçant une discrimination à l’encontre des groupes étrangers, et qu’a appuyée, en début de semaine, l’ambassadeur d’Allemagne. Celui-ci a exhorté Pékin à établir un véritable Etat de droit, seul à même de garantir la confiance des investisseurs internationaux.

En Russie, la visite devrait être l’occasion de faire avancer les discussions autour d’un projet de livraison de 38 milliards de mètres cubes de gaz, acté au printemps. Cette tournée de Li Keqiang s’inscrit, plus globalement, dans le cadre d’un projet de Pékin de renforcer les relations avec les pays du continent eurasiatique, et d’y transformer progressivement sa puissance économique en un réel levier diplomatique. Preuve de ce statut nouveau de la Chine, Angela Merkel espère, lors de ce voyage, utiliser la Chine pour faire pression sur Moscou dans la résolution de la crise ukrainienne.

Kim Jong-un toujours caché mais pas renversé

Les conjectures sur la disparition mystérieuse, ces dernières semaines, de Kim Jong-un des plateformes de propagande du régime nord-coréen vont être relancées, ce vendredi, après une nouvelle absence remarquée du jeune dirigeant.

L’homme fort de la dictature n’était pas présent dans la matinée, selon les premiers comptes-rendus des médias d’Etat, aux célébrations du 69e anniversaire de la fondation du Parti des travailleurs de Corée du Nord qui règne sur la vie politique du pays. Depuis son arrivée au pouvoir, en 2011, Kim Jong-un s’était toujours présenté à cette cérémonie et avait même été montré, avec sa garde rapprochée, tard dans la nuit au mausolée de Kumsusan où reposent son père et son grand-père. Le dirigeant n’a désormais plus été montré en public depuis cinq semaines.

Si cette absence interpelle les capitales de la région, les autorités de Séoul semblent toujours convaincues, de leur côté, qu’elle ne témoigne pas d’un bouleversement du pouvoir à la tête du dernier régime stalinien de la planète. «Il semble que son pouvoir s’exerce normalement», a précisé, ce matin, Lim Byeong-cheol, le porte-parole du Ministère sud-coréen de l’unification, qui gère les relations avec le Nord. A l’appui de cette assertion, il a rappelé que les trois responsables nord-coréens qui avaient effectué une visite surprise la semaine dernière en Corée du Sud étaient tous des proches de Kim Jong-un et avaient communiqué un message du dictateur.

Séoul note aussi que Kim Jong-un, s’il n’est plus visible, reste un élément récurrent de la stratégie de propagande du régime. Ce matin, le quotidien Rodong Sinmun chantait ainsi les louanges du jeune dirigeant. «Le système de direction unique du cher camarade Kim Jong-un doit être totalement maintenu», écrit le journal. «Le cher camarade Kim Jong-un est le symbole de la dignité et de l’invincibilité du Parti des travailleurs et la bannière de toutes les victoires et de la gloire.»

Reconnaissant qu’ils ignorent la localisation exacte du leader nord-coréen, les services de renseignement sud-coréens semblent toujours convaincus qu’il continue de soigner, dans le secret, des blessures aux jambes liées à son surpoids ou à un exercice physique trop éprouvant.

A Hongkong, le blocage

Le gouvernement hongkongais, qui devait avoir ce vendredi des discussions avec les leaders étudiants, a annoncé hier soir qu’il annulait ces entretiens, en pointant du doigt le comportement des manifestants. «L’appel des étudiants à l’élargissement d’un mouvement hostile a ébranlé la confiance sur laquelle se fondaient nos discussions et un dialogue constructif sera impossible», a ainsi déclaré Carrie Lam, numéro deux de l’administration. Ce blocage intervient après une démonstration de fermeté de la part d’Alex Chow, le président de la Fédération des étudiants de Hongkong.

«Sans une explication claire et des idées concrètes sur les méthodes pour résoudre la confrontation actuelle, les habitants de Hongkong ne se retireront pas. Et personne n’a la moindre raison de nous demander de nous retirer», avait-il déclaré, avant d’appeler les étudiants à aller s’installer dans d’autres zones de la ville.

Plus que jamais, la situation semble bloquée entre le gouvernement et les étudiants. A l’évidence, les autorités tentent de faire plier ces derniers, comptant sur le fait que les effectifs des manifestants se sont effondrés depuis la reprise du travail, lundi dernier. Mais ces derniers, quoique moins nombreux, semblent tentés par une certaine radicalisation. Leur animosité vis-à-vis du chef de l’exécutif n’a pu que monter d’un cran jeudi: une partie des députés démocrates a demandé au parquet d’enquêter sur un versement de 6,4 millions de dollars dont ce dernier aurait bénéficié, en provenance d’une société australienne.

Tokyo et Séoul se brouillent pour un article de presse

Le 3 août dernier, Tatsuya Kato, le chef du bureau du quotidien Sankei Shimbun à Séoul, publiait sur le site de son journal un article évoquant des rumeurs sur l’emploi du temps de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye le jour du naufrage du ferry Sewol, qui a traumatisé le pays. Il laissait entendre que la dirigeante aurait pu, selon certaines sources non confirmées, être en rendez-vous privé, hors des bureaux de la présidence, dans les premières heures de la catastrophe.

Le 16 avril dernier, le naufrage en direct du ferry avait fait 300 morts, en majorité des lycéens en voyage scolaire, et plongé le pays dans une phase de dépression collective.

Cette semaine, la justice sud-coréenne a finalement décidé de mettre en examen le journaliste japonais pour diffamation. Il lui est interdit de quitter le territoire sud-coréen et il risque, s’il est jugé, jusqu’à 7 ans de prison. Outrées par cette décision, les autorités japonaises ont qualifié, jeudi soir, l’inculpation du reporter de «tout à fait déplorable» et «contraire aux valeurs de la communauté internationales en matière de liberté de la presse, une valeur vitale dans une démocratie». Un diplomate sud-coréen en poste à Tokyo a même été convoqué au Ministère des affaires étrangères pour s’expliquer sur l’affaire, qui risque de retarder le réchauffement diplomatique entre les deux capitales.

Les relations entre Tokyo et Séoul sont exécrables depuis des années en raison d’un conflit territorial, portant sur des îlots de la mer du Japon, et de vieilles querelles liées à l’histoire. La Corée du Sud accuse notamment l’exécutif japonais, emmené par Shinzo Abe, de rechigner à admettre pleinement la responsabilité de son pays dans l’enrôlement forcé, dans les années 1930 et 1940, de milliers de jeunes Coréennes dans les maisons closes militaires nipponnes.

L’actuelle présidente sud-coréenne Park Geun-Hye et le premier ministre japonais Shinzo Abe n’ont ainsi eu aucun entretien formel depuis leurs arrivées respectives au pouvoir. Ces dernières semaines, des responsables des deux pays avaient renoué le contact afin d’organiser dans les prochains mois une rencontre entre leurs deux dirigeants. Cette tentative de réchauffement est soutenue par Washington, qui s’agace de voir se chamailler ses deux plus proches alliés dans la région.