La Chine a assuré mardi avoir confiance dans la capacité des pays européens à résoudre la crise de leurs dettes souveraines et s’est dite prête à soutenir les efforts internationaux en faveur de la zone euro.

«Nous pensons que les pays européens parviendront à surmonter leurs difficultés actuelles», a déclaré Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui était interrogé sur l’abaissement par l’agence Standard and Poor’s de plusieurs notes concernant la zone euro.

«La Chine est prête à travailler avec la communauté internationale pour continuer à soutenir les efforts de l’Europe dans sa lutte contre la crise des dettes souveraines», a ajouté Liu Weimin.

Il répétait ainsi une position maintes fois exprimée par Pékin ces derniers mois.

Deuxième économie mondiale, la Chine a été indirectement sollicitée par les dirigeants européens pour aider les pays de la zone euro en contribuant à un fonds de secours, mais Pékin ne s’est jusqu’à présent pas engagé explicitement sur cette voie.

L’agence Standard & Poor’s a retiré lundi son triple A au Fonds de soutien de la zone euro (FESF), après avoir abaissé vendredi d’un cran la note de la France et de l’Autriche, qui faisaient partie jusqu’alors des six Etats notés «AAA» au sein de l’Union monétaire.

Le commissaire européen Michel Barnier, en visite en Chine entre autres pour «informer» les Chinois des mesures prises dans l’UE pour combattre la crise de la dette, a souligné que le fonds de soutien européen n’était pas en danger.

«Je ne crois pas que le FESF dans sa forme actuelle aura des difficultés dans les mois qui viennent», a déclaré le commissaire européen.

La perte du AAA du fonds européen «nous encourage à franchir la dernière étape d’un mécanisme européen qui sera lui doté d’un capital» et doit être mis sur pied en juin, a ajouté Michel Barnier.

De passage à Pékin en octobre, le patron du FESF Klaus Regling avait déclaré que les autorités chinoises, dont les réserves de change dépassent 3000 milliards de dollars, étaient «des acheteurs réguliers des obligations du FESF», sans toutefois citer de montant.

«Jamais un tel effort de maîtrise des dépenses publiques n’a été entrepris en Europe», selon Michel Barnier. «On a fait l’union monétaire et la désunion économique. On est en train de rattraper ça», a-t-il encore dit.